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Lorsqu'un album provoque autant d'enthousiasme dès la première écoute, dès
les premières mesures, c'est que le filon est bon. Et on se retrouve au quinzième
titre en se demandant encore comment un tel miracle est possible. C'est le résultat
d'une alchimie dont les rites et les formules secrètes viennent du passé
lointain des esclaves Yorubas débarqués à Cuba, de la tradition du son, de la
rumba, des ballades où l'on entend le tres (la petite guitare à trois
cordes…), du rap sorti des rues de la Havane, et d'un travail absolument
parfait digne d'un orfèvre, sur le mixage et les enchaînements des morceaux.
Cet album est certainement régi par le nombre d'or dans toutes ses directions.
Tout est parfaitement à la bonne place, dans de bonnes proportions, chaque
titre vient au bon moment, et l'alternance idéale entre rap sur fond afro
cubain ou salsa sur rythmique hip hop est un sans faute de bout en bout.
Si le nom d'Orishas suggère le métal précieux, il n'en est rien. Ce sont en
fait les esprits amenés par les esclaves (dont Elewa et Chango du 10ème titre)
et pour qui il existe un homologue catholique et saint, de préférence homologué
par le saint siège. D'ailleurs, pour bien comprendre cette première leçon de
cathé cubain, il faut bien écouter l'intro de A lo cubano, ce premier album de
Orishas. Un véritable prêtre de cette religion métissée appelée Santeria, récite
une prière en langue Yoruba, teintée de quelques pointes hispaniques, où il
énumère quelques uns de ces esprits sur fond de percussions (tambours sacrés
et consacrés, plutôt deux fois qu'une).
Et là , la messe peut commencer… Piano, cuivres, congas et perçus programmées,
basse, scratches, breaks, flûte traversière, même quelques violons, et
surtout les voix. Les voix de Russo et Yotuel rappent (sur Attencion, Madre, on
croirait même entendre IAM….) ou viennent renforcer les choeurs sur la voix
extraordinaire de Roldan, jeune chanteur et guitariste qui s'envole dans de
l'authentique son cubain. La touche française, monsieur, s'entend dans quelques
sentences bien sonnées et assénées par Niko (rappeur, producteur présent aux
côtés de Passi, Bisso na Bisso), ainsi que par le travail de DJ Livan
(ex-Sergent Garcia), co-initiateur de ce projet qui voit le jour dans un cri
primal de toute beauté.
La dédicace à Compay Secundo dans 537 CUBA est un grand moment et un beau clin
d'œil aux ancêtres qui peuvent être rassurés. Les jeunes ont tout compris,
rien cassé de la tradition, connaissent le répertoire et la musique (et sont
très bien entourés ), chantent hyper juste, rappent comme des dieux. De l'or
en fusion…
(Article paru sur le site de canal +)
La rencontre avec Russo et Yotuel, chanteurs du groupe Amenaza, sorti vainqueur du 3ème festival Rap semi-clandestin de Cuba, allait s’avérer fructueuse.
A l’équipe ne manquait plus que Roldan, guitariste de Son et familier de la scène latine en France, qui allait apporter à la formation son élément le plus orthodoxe.
Ensemble, ils revisitent le répertoire cubain, explorent de nouveaux thèmes, et de nouveaux modes d’expression.
La vie quotidienne est la source d’inspiration inépuisable de textes incisifs où percent l’humour et la rage de vivre. Tournées en dérision, les difficultés y deviennent autant de défis et trahissent un optimisme à toute épreuve.
(Article issu du site de EMI music)