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ierre Renoir est né à
Paris, 18 rue Houdon, à une centaine de mètres de la place Pigalle, le 21 mars
1885.
 près une scolarité
passée pour l'essentiel à l'Institution
Sainte-Croix de
Neuilly-sur-Seine, Pierre entre au Conservatoire national d'art dramatique en 1905. II obtient deux seconds prix en 1908 (tragédie et comédie) et un
premier prix de tragédie en 1909. Cette brillante carte de visite lui permet de
faire partie, dès septembre 1908, de la troupe du théâtre de l'Odéon dirigée alors par André Antoine et dont il se sépare en 1910 pour rejoindre
celle qui, autour de Lucien Guitry, crée le Chantecler d'Edmond Rostand.
Durant
11 ans, il joue sur les scènes des théâtres de
l'Ambigu
et de la Porte Saint-Martin et devient ainsi l'une des vedettes du
théâtre de Boulevard. Ensuite, entre 1921 et 1927, il se fait plus rare et
cherche une nouvelle voie. Au cours de cette période, il interprète notamment
Pagnol, Crommelynck, Colette... II dirige même, pendant quelques mois, le
théâtre des
Mathurins
1928 marque un
tournant décisif dans sa carrière. II rejoint alors, à la
Comédie des Champs-Elysées,
la troupe de Louis Jouvet. C'est dans ce théâtre, puis à
L'Athénée, qu'il
crée, aux côtés de celui dont il deviendra l'ami et le confident durant 23 ans,
la plupart des premiers rôles masculins de l'oeuvre théâtrale de Jean Giraudoux
(Siegfried, Amphitryon 38, Intermezzo, Tessa, La
Guerre de Troie n'aura pas lieu, Supplément au Voyage de Cook,
L'Impromptu de Paris).
 
I est
également l'interprète de Marcel Achard, Jules Romains, Stève Passeur, Pierre
Drieu La Rochelle, Roger Martin du Gard, Prosper Mérimée, Sutton Vane, Alfred
Savoir, Emile Mazaud, La Fontaine, Jean Cocteau... et celui du plus grand des
classiques : Molière.
ierre se produit par
ailleurs chez Gaston Baty, Charles Dullin, Jean-Louis Barrault et Madeleine
Renaud, André Barsacq. Sous leur direction, il interprète Shakespeare, Marcelle
Maurette, Armand Salacrou, Paul Claudel.
I
joue, bien évidemment, sur les scènes parisiennes mais également dans plusieurs
villes de province et à l'étranger (Belgique, Portugal, Espagne, Algérie,
Tunisie, Italie, Suisse, Ecosse, Egypte, Pologne, Tchécoslovaquie, Autriche,
République Fédérale Allemande, Québec, Etats-Unis).
côté de cette
brillante carrière théâtrale, Pierre Renoir figure au générique de 65 films.


Il
débute au cinéma en 1912 dans
La Digue,
première oeuvre d'Abel Gance, et tourne son dernier film -
Knock - en
1951, aux côtés de Louis Jouvet.

ntre temps, il est notamment le premier
Commissaire Maigret à l'écran
(La Nuit du Carrefour),
le Capitaine
Weller
(La Bandera),
Louis XVI
(La Marseillaise),
Jéricho
(Les Enfants du Paradis), le
Duc d'Angoulême
(Le
Capitan), le
Professeur Stangerson
(Le Mystère de la Chambre jaune)...

n doit
cette première
biographie de Pierre Renoir à Bernard Pharisien
(Editions Némont - Bar-sur-Aube - 2003).
Celle-ci n'est pas uniquement rythmée par les passages de l'artiste sur scène et
dans les studios de cinéma. Y prennent leur place, tout naturellement, ses
parents, la fratrie (quelque peu modifiée suite à de récentes découvertes), les
femmes qui ont compté dans sa vie, son fils Claude (né de son union avec la
tragédienne Véra Sergine),
ses amis...
ne place de choix est
réservée à l'un d'entre eux, le seul auquel il se soit vraiment livré :
Louis
Jouvet. On dévouvre
quelques correspondances inédites entre ces deux grands hommes de théâtre dans
lesquelles se mêlent des considérations sur leur art, aussi bien que l'immense
tendresse et la puissante affection qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. Moins de
six mois avant de disparaître, alors qu'il venait de perdre celui qu'il appelait
familièrement son «vieux frère», Pierre déclare :
«Pendant vingt-trois ans nous ne nous sommes pas quittés ou presque. Nous
avons eu des rapports pour ainsi dire quotidiens. Notre travail a été constant.
Nous avions deux tempéraments absolument différents. C'est peut-être pour cela
que nous nous entendions extrêmement bien. II m'apportait quelque chose, je lui
apportais quelque chose, cela formait une espèce d'unité. Je dois avouer que
c'est pour moi une perte épouvantable. C'est quelque chose de moi qui est
parti».

a biographie évoque
également l'engagement de Pierre Renoir qui, en 1947, devient Président de la
Fédération du Spectacle CGT. A ce titre, il occupe différentes fonctions
dans des instances nationales ou internationales (notamment au sein de
l'UNESCO ou du comité d'organisation du Festival de Cannes).
a période la plus
difficile à analyser de la vie du fils aîné de Renoir est sans doute celle de
l'occupation. Durant la seconde guerre mondiale Pierre assume les fonctions de
Président de
l'Association des Directeurs de
Théâtres de Paris (l'ADTP).
II est, à ce titre, l'un des
interlocuteurs de la Propaganda Staffel qui s'intéresse de très près à la
vie culturelle dans la capitale. Quel jeu joue Pierre ? Est-il en contact avec
son jeune frère, Claude (une figure de la Résistance dans la région
niçoise) ? Quels sont ses liens avec les réseaux existants ? II en existe
sans doute pour qu'on le remarque, sitôt après la libération de Paris, parmi les
premiers signataires de l'appel des intellectuels français intitulé :
«Unissons-nous pour la grandeur de la patrie». Par ailleurs, il est nommé,
dès septembre 1944, premier président de la Commission gouvernementale
d'épuration dépendant de la Direction des Beaux-Arts au Ministère
de l'Instruction publique. Bernard Pharisien ne prétend pas avoir tout
découvert sur cette délicate période. II l'écrit dans l'avant-propos de la
biographie : «J'avoue volontiers être resté sur ma faim. Pour élucider ce
point, je fonde un certain espoir dans la poursuite de mes investigations».

ierre Renoir meurt à
Paris dans son appartement de l'avenue Frochot, à quelques centaines de mètres
de son lieu de naissance, le 11 mars 1952. Six mois auparavant, il avait
accompagné son ami Louis Jouvet à sa dernière demeure. Il a été l'un des grands
artistes dramatiques de la première moitié du XXème siècle. Il repose dans le
cimetière d'Essoyes auprès de ses parents, de ses deux frères (Jean et Claude)
et de son fils Claude.
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