LA DELATION

 

 

 

 

                        La délation m’évoque surtout la période de « l’épuration » à la fin de la guerre 39-40 Mes parents semblaient traumatisés plus que de la guerre elle-même. Ils parlaient beaucoup de ces règlements de compte occultés entre français : Des personnes innocentes qui ont « payé »pour d’autres. Déportés, fusillés, tondues , de manière arbitraire et expéditive.

 

                        La délation pour moi a ce sens péjoratif ou elle est le fait extrême de la jalousie et de la lâcheté. La vengeance de l’ombre, l’œuvre masquée et intéressée, lourde de conséquences. Un aspect de la guerre et de ses retombées certes.

 

                        Or elle fonctionne toujours dans notre quotidien : La rubrique des faits divers, les manœuvres politiques, la guerre économique le prouvent. Ce qui est grave c’est que la délation est une dénonciation sans preuves formelles claires, qu ‘elle engendre la rumeur et qu’elle est pratiquée pour en tirer bénéfice. Certains médias qui utilisent ce genre, non seulement s’y retrouvent, mais font même fortune. Le public est demandeur. Et ce qui est grave c’est que ce public peut faire poids jusqu’à faire perdre travail et réputation aux personnes suspectées ou les pousser au suicide.

 

                        L’opinion publique !.. Il est nécessaire qu’elle soit informée, avertie, mise en garde. Peut être manque-t-il d’organismes de moyens pour enquêter et dénoncer toutes les malversations existantes ? Dénoncer pour avertir le public dans le but d’éclaircir son jugement , d’accord.

 

                        Mais la délation est une forme de dénonciation si lâche, si lourde de conséquences qu’elle perd tout crédit. Car elle sent le souffre !

 

 

 

                                                                                                            Jacques