Définitions et
citations autour du
jeu...
"Le
jeu paraît, chez l'enfant, un comportement spontané. Cependant,
il n'est pas possible sans l'établissement chez lui auparavant
d'un sentiment de sécurité de base. Ce vécu primordial fonde
l'aptitude à jouer. L'environnement immédiat de l'enfant doit
lui fournir la confiance d'être contenu en toutes situations.
c'est-à-dire de ne pas avoir à s'absorber entièrement dans la
nécessité de sa survie, réelle ou psychique. Sur cette base de
structuration du psychisme, le jeu est recherche et création
permanente de la réalité, du sentiment d'exister par soi-même
et du sens que prennent ces phénomènes pour l'enfant."
Annie
Anzieu et Simone Daymas
Introduction
P.
3
in
Le
jeu en psychothérapie de l'enfant
A.
Anzieu, C. Anzieu-Premmereur, S. Daymas
Dunod
Mars
2000
"Dans
le développement de l'enfant, et par la suite, dans la situation
analytique, le jeu précède le dessin et le discours, même si une
certaine verbalisation accompagne parfois le jeu. Le jeu engage
cependant des processus d'accès à la symbolisation, à
l'expression de soi et à la communication qui sont préétablis
chez le petit patient dans le stades précédents de son
développement mental. "
Annie
Anzieu et Simone Daymas
Introduction
P.
6
in
Le
jeu en psychothérapie de l'enfant
A.
Anzieu, C. Anzieu-Premmereur, S. Daymas
Dunod
Mars
2000
"Mélanie
Klein change complètement la perspective en affirmant ce dont
tous les analystes d'enfants sont persuadés à présent: en
séance, le jeu de l'enfant est l'équivalent de l'association
libre de l'adulte. (....)
En
effet, elle laisse libre cours au développement des associations
ludiques de l'enfant auxquelles elle accorde l'équivalence d'une
sublimation primaire et d'une symbolique créatrice."
Annie
Anzieu et Simone Daymas
Introduction
P.
15
in
Le
jeu en psychothérapie de l'enfant
A.
Anzieu, C. Anzieu-Premmereur, S. Daymas
Dunod
Mars
2000
"L'enfant
n'a pas à sa disposition l'usage du langage, mais le jeu lui permet
une expression symbolique de ses angoisses. Il a une valeur de
sublimation créatrice. L'enfant projette dans les objets les
personnages de son monde interne et met en scène ses mécanismes
de défense.
D.W.
Winnicott, après avoir été en supervision avec Mélanie Klein,
est resté très influencé par ses théories. Le jeu est devenu
pour lui le lieu de l'expérience de réalité, l'espace où se
déroulent les contacts, les "transitions" entre
l'intérieur de l'individu, contenu dans sa "membrane",
et la vie extérieure. "
Annie
Anzieu et Simone Daymas
Introduction
P.
3
in
Le
jeu en psychothérapie de l'enfant
A.
Anzieu, C. Anzieu-Premmereur, S. Daymas
Dunod
Mars
2000
La
théorie cognitive
"Pour
Piaget, le jeu est à considérer dans le prolongement de ses
recherches sur le développement intellectuel. Pour lui le jeu
serait un moyen de s'informer sur les objets et sur les
évènement, un moyen d'affermir et d'étendre connaissances et
savoir-faire, enfin un moyen d'intégrer la pensée à l'action.
Le style du jeu et la manière même de jouer dépendraient ainsi
étroitement du stade de développement cognitif de l'enfant. Au
stage sensori-moteur les enfants joueraient de façon
"concrète" en manipulant les objets et en bougeant leur
corps, tandis que les enfant ayant accédé à la pensée
symbolique du stade pré-opératoire (2-7ans) pourraient prétendre
qu'une chose existe alors qu'elle n'existe pas. Ils joueraient
dès lors, non plus avec leur corps mais avec leur esprit."
J.-J.
Guillarmé et D. Luciani
La
réussite de l'élève en difficulté
Les
stratégies de l'aide en milieu scolaire: soutien et
rééducation.
Tome
2 - Agir
Page
294
La
théorie psychanalytique
"Freud
de même qu'Erikson, soutiennent que les jeux de l'enfant l'aident
à renforcer son moi. Grâce au jeu, il résoudrait des conflits
opposant notamment le ça et le surmoi. Prenant sa source dans le principe
de plaisir, le jeu est donc pour eux une gratification. Mais il
est en même temps catharsis, qui réduit la tension psychique et
permet à l'enfant de supporter les expériences et les situations
pénibles. Ainsi, pour ces auteurs, le jeu trouve-t-il sa fin en
lui-même. c'est une activité spontanée, faite pour le plaisir.
Pourtant il peut remplir d'autres fonctions sous l'angle
psychologique. S. Millar en relève trois:
-
le
jeu symbolique constitue d'abord une forme d'exploration,
d'apprentissage et d'expériences nouvelles. (...)
-
le
jeu de faire-semblant permet ensuite, grâce la
répétition, d'intégrer certaines expériences pénibles.
(...)
-
le
jeu de fiction, enfin, donne également du sens au monde.
(...)"
J.-J.
Guillarmé et D. Luciani
La
réussite de l'élève en difficulté
Les
stratégies de l'aide en milieu scolaire: soutien et
rééducation.
Tome
2 - Agir
Page
294/295
"Pour
H. Gardner, il existe d'ailleurs sept systèmes symboliques
importants et le langage n'est que l'un d'entre eux. Ces sept
systèmes sont: le langage, le jeu de simulation, la
représentation bi-dimensionnelle (dessin), la représentation
tridimensionnelle (modelage, jeux de construction), l'expressions
corporelle, la musique, le nombre. Nous retrouvons là, de façon
tout à fait significative, la plupart des supports que le
rééducateur utilise ou peut utiliser en rééducation."
J.-J.
Guillarmé et D. Luciani
La
réussite de l'élève en difficulté
Les
stratégies de l'aide en milieu scolaire: soutien et
rééducation.
Tome
2 - Agir
Page
300
"On
peut rappeler les idées proposées par Winnicott: le jeu de
l'enfant est d'abord créativité pure ("play"), jeu
sans règle, puis accommodement après accommodement avec le réel
et ses exigences, normalisation progressive par les règles et
finalement "game".
J.-J.
Guillarmé et D. Luciani
La
réussite de l'élève en difficulté
Les
stratégies de l'aide en milieu scolaire: soutien et
rééducation.
Tome
2 - Agir
Page
3003
Les différents jeux et leur
utilisation en rééducation
Il
y a , en étant évidemment très schématique, trois grandes
catégories de jeux utilisables en rééducation, les jeux moteurs
effectués pour le plaisir; les jeux à valeur symbolique,
exprimant un conflit intra-psychique, personnel, relationnel et/ou
éducatif; les jeux "à règles" qui insèrent l'enfant
dans le champ des règles sociales et des disciplines imposées
par la bienséance.
Ces
jeux correspondent approximativement aux trois périodes décrites
par J. Piaget dans l'évolution du comportement ludique.
J.-J.
Guillarmé et D. Luciani
La
réussite de l'élève en difficulté
Les
stratégies de l'aide en milieu scolaire: soutien et
rééducation.
Tome
2 - Agir
Page
305
Les
conceptions de Mélanie Klein
"Mélanie
Klein se plaça dans le prolongement direct de H. von Hug-Hellmuth
(1921) qui eut recours aux jeux et aux dessin pour établir une
communication avec l'enfant et lui permettre d'exprimer ainsi ses
fantasmes.
La
technique du jeu. - Devant les difficultés de la
communication verbale, Mélanie Klein chercha une voie par
laquelle l'enfant puisse s'exprimer et qui puisse se prêter à
une interprétation analytique. Le jeu, en tant qu'activité
naturelle de l'enfant, lui parut le moyen idéal, d'autant que
c'est à travers le jeu, poursuivi en présence de l'analyste, que
s'exprime la vie fantasmatique."
Victor
Smirnoff
La
psychanalyse de l'enfant
PUF
1968
Page
212
"La
critique d'Anna Freud (1926) faisait valoir que le jeu était une
activité naturelle de l'enfant et que celui-ci se trouvait donc
placé dans une situation régie par le principe de plaisir.
En
fait, souligne Mélanie Klein, l'enfant joue en présence de
l'analyste, et son jeu perd ainsi sa soi-disant "spontanéité"
; (....)
Dans
l'analyse de l'enfant le jeu pers sa qualité purement hédonique
pour laisser place à l'expression de l'angoisse. Loin d'être une
manœuvre de séduction, la présence de l'analyste confère au
jeu de l'enfant une signification que Mélanie Klein cherche à
préciser: