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la
compétence des familles
Temps,
chaos, processus
Guy
Ausloos
Érès
2001
(1ère
édition 1995)
Pour
aller directement au chapitre concerné, cliquez sur le dossier:
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Coups de cœur |
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Quatrième de couverture |
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Sommaire |
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Citations |
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Coups
de cœur:         
Un
livre qui m'a fait un bien fou. D'abord,
parce que Ausloos, lui-même, vous conseille de l'aborder non
pas en lecture linéaire, mais en allers-retours, de
découvertes en découvertes, bref, de le lire dans le
désordre, comme il l'a écrit. Ensuite
parce qu'au travers de textes cliniques ou théoriques
juxtaposés, retraçant sur l'axe temporel, le parcours,
les expériences et la recherche de l'auteur, on découvre non
seulement les richesses de l'approche systémique auprès des
familles, les doutes, les joies, les hésitations et les
théories de références d'un praticien, mais aussi
l'évolution
de sa pratique et du regard qu'il y porte.
Aussi
parce que l'auteur, qui se dit lui-même inscrit à la
société protectrice des thérapeutes, ne cesse d'attirer
l'attention sur le confort du thérapeute et offre aussi,
exemples à l'appui, les moyens d'utiliser les sentiments
extrêmes, divers et variés, qui peuvent nous traverser lors
de nos rencontres avec les familles. Enfin,
parce que cet homme là, croit profondément et sans faille à
la compétence des familles, à la magie de la relation, à la
richesse de la vie.
Parce
qu'il y a dans ce livre à la fois un grand professionnalisme,
une approche passionnante de la recherche en thérapie
systémique, une rare honnêteté, un profond respect des
familles mais aussi de soi-même, ce livre est un trésor à
déguster sans retenue. Bonne
lecture à tous les professionnels amenés à
rencontrer les familles et qui n'auraient pas encore
découvert cet ouvrage, à mes yeux incontournable. |

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Quatrième
de couverture:
""Faire
de la thérapie n'est pas résoudre des problèmes ou corriger
des erreurs mais se plonger dans le mystère des familles et
de leur rencontre. Ceci implique de passer d'une thérapie où
le thérapeute observe à une thérapie où le thérapeute
s'observe pour refléter à la famille compétente cette
perception qui permet de laisser émerger "l'autosolution"."
Ainsi
dans ce livre qui reflète sa carrière déjà longue de
praticien et de théoricien systémique, Guy Ausloos exhorte
le lecteur à se laisser pénétrer par le mystère de la
famille compétente plutôt qu'à rechercher des recettes pour
traiter la famille dysfonctionnelle. Les difficultés et les
mutations des statuts parentaux, la perte des valeurs
traditionnelles, la violence sociale, l'incertitude quant à
l'avenir devant le chômage et la maladie, l'évolution des
modèles professionnels, etc., déstabilisent les familles qui
ont aujourd'hui besoin d'être confortées dans leur
parentalité pour accompagner leurs enfants vers l'âge
adulte.
Par
ses récits cliniques vivants issus de son expérience auprès
d'adolescents et de jeunes adultes, dans le champ de la
déviance et de la psychiatrie, ainsi que par une réflexion
théorique constamment réactualisée et élargie, Guy Ausloos
nous guide dans cette passionnante aventure du soin direct
apporté lors des crises familiales et institutionnelles."
Guy
Ausloos
"Né
à Bruxelles en 1940, Guy Ausloos commence en Belgique des
études philosophiques puis médicales. Sa formation en
psychiatrie infantile et adulte, puis psychanalytique et
psychothérapique se réalise en Suisse francophone, où il
acquiert une réputation de premier plan dans la thérapie des
adolescents, en particulier de jeunes déviants, comme par les
nombreuses formations qu'il assure ou par ses textes
scientifiques. En 1986, il s'installe au Québec comme
psychiatre en milieu minier puis à Montréal. Actuellement
professeur agrégé de clinique à l'université de Montréal,
il intervient dans des institutions psychiatriques ou
sociales. Participant depuis 1970 au mouvement systémique, sa
carrière professionnelle est marquée par son dynamisme
efficace de praticien et de théoricien, formateur dans de nombreux
contextes, brillant conférencier, auteur de nombreux
articles. Guy Ausloos est membre fondateur de la revue
Thérapie familiale et de la collection Relations." |

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Table
des matières
Préface
de Jean-Claude Benoit
Introduction
I.
TEMPS
1.
Savoir attendre: le temps du processus
2.
Le temps pour Jacqueline de nous apprendre
3.
Vivre le temps
II.
Chaos
4.
Chaos familial, activation thérapeutique
5.
Chaos et complexité
6.
Du chaos suicidaire à la compétence des familles
III.
Processus
7.
Le processus de désignation
8.
De quelques processus pathogènes
9.
Processus parental, processus institutionnel: des
parents-clients aux parents-collaborateurs
Bibliographie
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Citations,
extraits:
________________________
Piaget
disait: "Chaque fois que vous apprenez quelque chose à un
enfant, vous l'empêchez de le découvrir". Ce que je
paraphraserais comme suit en thérapie systémique: "chaque
fois que vous comprenez le problème d'une famille, vous
l'empêchez de le découvrir".
P.
130
________________________
Méchante
connotation positive:
"(....)
actuellement, j'utilise ce que j'appelle la "méchante
connotation positive". J'ai réalisé, en effet que
lorsque l'on sortait d'un entretien, on était le plus souvent
envahi par des sentiments divers: fatigue, satisfaction,
lourdeur, colère, joie, désarroi, soulagement, tristesse,
impuissance, sympathie, agressivité. Cela nous encombre
l'esprit et nous empêche parfois d'avoir du plaisir à
travailler avec la famille, (...)
Comment
dans ces conditions, élaborer une connotation positive qui
soit authentique et touche réellement les membres de la
famille? Comment utiliser cet état qui nous donne des
indications précieuses sur le processus dans lequel nous
sommes engagés avec la famille? Comment sortir des
compliments et des flatteries qui ne sont que des caricatures
de connotation positive et qui font plus sourire les familles
qu'elles ne les amènent à être ouvertes aux risques du
changement? Cela m'a pris bien du temps pour découvrir qu'il
suffisait précisément de connoter positivement ce qui
m'avait le plus gêné au cours de l'entretien. Si par exemple
les membres de la famille m'interrompaient sans cesse, ne
répondaient pas aux questions, se coupaient la parole, ma
méchante connotation positive pouvait devenir:
"J'ai
trouvé difficile que vous parliez tous à la fois, que chacun
interrompe les autres et qu'on ne réponde pas directement à
mes questions, mais je vois là le signe que dans votre
famille tout le monde veut participer à ce qui se passe et
donner son avis et avec cela je peux bien travailler. La
prochaine fois, sans doute je ferais un peu la police mais je
me réjouis de continuer à travailler avec vous."
Pages
25/26
________________________
Deux
postulats
"Ce
n'était pas seulement le fait de la situation de contrainte qui m'a
rendu créatif mais également l'apport de nouvelles théories (...)
, à savoir la deuxième cybernétique, qui insistait sur
l'autoréférence et l'auto-organisation et soulignant que le
thérapeute n'est pas un observateur extérieur à la situation mais
au contraire qu'il est impliqué, immergé dans un processus. Le
constructivisme également (Watzlawick, 1986) souligne le fait que
nous déchiffrons le réel, à l'aide de nos cartes théoriques et
que ces cartes influencent donc la façon dont nous percevons la
réalité (Korzyubski, 1941 et chapitre 4). Ces influences
conjointes m'ont amené à proposer deux postulats sur lesquels je
m'appuie depuis lors pour mes interventions:
-
Postulat
de compétence:
"Une
famille ne peut se poser que des problèmes qu'elle est capable
de résoudre".
(....)
-
Postulat
de l'information pertinente:
"L'information
pertinente est celle qui vient de la famille et y
retourne".
Page
30
________________________
Quelques
propositions pour activer le processus familial
-
Première
proposition: passer du temps immobilisé du
diagnostic au temps dynamique du changement. (...)
-
Deuxième
proposition: essayer de ne pas savoir. (...)
-
Troisième
proposition: ne pas se centrer sur les contenus mais
sur le processus. (...)
-
Quatrième
proposition: sortir de notre impatience
thérapeutique. (...)
-
Cinquième
proposition: cesser de parler de résistance des
familles, de résistance de nos clients.
Page
65
________________________
Dans
les familles à transactions chaotiques:
"Introduire
la durée, c'est sortir de l'événement et s'ouvrir à des perspectives
d'avenir. Pour restituer une histoire qui souvent a été
oubliée aussitôt que vécue, nous utilisons une technique que
nous avons appelée l'historiogramme. On demande aux
enfants de raconter ce qu'ils savent de l'histoire de la famille
et on inscrit les dates marquantes au fur et à mesure. les
parents ne peuvent pas intervenir, si ce n'est à la demande
des enfants.
L'intérêt
de faire raconter l'histoire de la famille par les enfants est de
faire circuler l'information dans le système. les parents sont
très intéressés à découvrir ce que les enfant savent ou ont
retenu; ils jouent par ailleurs leur rôle parental en
complétant les informations manquantes. Les enfants prennent
plaisir à ce jeu où pour une fois, ce sont eux qui racontent
l'histoire et non les adultes; ils apprennent ou corrigent les
informations dont ils disposaient. le but n'est donc pas
d'informer le thérapeute mais les membres de la famille. Le
thérapeute ne risque pas d'être top intrusif puisque ce sont
les membres de la famille qui gardent la gestion de ce qui sera
dit ou non."
Page
58
________________________
Le
confort du thérapeute
"(.....)
Sur
le moment, je savais seulement qu'il me fallait me
"décoincer". J'ai posé une question que je croyais
au hasard, et j'ai eu la satisfaction de voir qu'ainsi, je
relançais dans leur camp la balle qui commençait à me brûler
les mains. tout
cela pour dire que ce qui doit préoccuper le thérapeute en
séance n'est pas le fonctionnement de la famille, mais le
confort et la survie active du thérapeute.
Affirmation
apparemment bien provocante. mais, quand Freud décida de
s'asseoir derrière le divan, n'était-ce pas parce qu'il
supportait mal d'être regardé, comme l'ont montré ses
biographes? Quand Rogers reformule la question de son patient ,
n'est-ce pas parce qu'il ne sait pas quelle réponse donner? (....)
Beaucoup
de thérapeutes font sans doute des manœuvres semblables sans
oser le dire; et quand ils apportent leur matériel en supervision,
ils s'arrangent pour masquer les passages qui les mettent mal à
l'aise. ce faisant, ils se privent de leur potentiel le plus
riche: leur équation personnelle, ce qui fait qu'ils sont
eux-mêmes et ce qui fait leur originalité et leur
spécificité."
Pages
72/73
________________________
Préceptes
pour activer le processus
- "Occupez vous du processus, ils pourront s'occuper
du contenu.
- N'essayez pas de comprendre: (...)
- Ne cherchez pas à recueillir des informations: (...)
- Ne suivez aucune piste: (...)
- Posez des questions qui n'ont pas de sens pour
vous: elles en auront peut-être pour eux;
(...)
- Refusez toute disqualification, blâme ou
jugement: (...)
- Méfiez-vous de vos hypothèses
- Demandez-leur de l'aide quand vous ne savez plus
que faire: (...)
- La seule personne que vous pouvez changer c'est
vous; occupez vous donc de votre confort.
- Tout ce qui précède est soumis à la règle
suprême de l'honnêteté: ne dites, ne faites ou ne
demandez rien que vous ne puissiez avouer; les
mensonges sont bien trop encombrants."
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Page
117
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