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Citations
et extraits:
"...
Nous avons ainsi essayé d'élaborer un cadre normatif, soutenu
par des règles.
Dès
lors, surgit un paradoxe: comment prétendre laisser le champ
ouvert à l'imagination, à la création, si, d'autre part, on
enferme le sujet dans un cadre coercitif? L'ouverture créée ne
devient-elle pas illusoire? Nous verrons comment ce paradoxe
renvoi au paradoxe de l'autonomisation, où la fermeture devient
condition nécessaire d'une plus large possibilité d'action,
où la contrainte a une visée promotionnante."
Page
50

"Ainsi,
il apparaît qu'en relation duelle Benjamin n'enfreint pas les
règles. Dès que nous instaurons avec un autre enfant une
relation privilégiée, l'énonciation de règles ne parvient pas
à poser des limites à son agitation, à la contenir, ce qui nous
amène à mettre fin à l'atelier plus tôt que prévu, à en
limiter la durée par des mots ( "vous n'êtes pas en
règle avec les règles, votre atelier est donc terminé pour
aujourd'hui".)"
Page
52

En
se développant, l'enfant quitte le versant imaginaire ( de la
relation fusionnelle, d'image à image) pour gagner le versant
symbolique par l'intrusion de la dimension paternelle dans le
rapport intersubjectif mère-enfant. la loi énoncée par l'autre,
qui apparaissait jusqu'ici imaginaire, autrement dit soumise au
bon vouloir de l'autre, à son désir, au jeu du je, devient loi
symbolique, loi à laquelle celui qui l'énonce est également
soumis. L'individu accédant à la dimension symbolique advient
comme sujet désirant, désassujetti de sa relation imaginaire
avec la mère, où il se posait comme étant l'unique objet de son
désir."
Pages
52/53

"La
loi symbolique est d'autre part une loi structurante, comme le
rappelle Dolto (1984) qui introduit la notion de castration
symboligène. Les règles (énoncées dans l'ordre du symbolique)
ne sont donc pas seulement contenantes, elles sont aussi
structurantes.
La
notion de castration chez Dolto est quelque peu différente du
même concept chez Freud. En effet, ce terme renvoie à des
épreuves mutatives où l'interdit joue comme limite et
promotion."
Page
53

"L'autonomie
est ici entendue au sens piagétien par opposition à
l'hétéronomie (Piaget, 1932) et désigne le processus par lequel
un homme ou un groupe d'hommes acquiert ou détermine de lui-même
ses propres règles de conduite (étymologiquement, le mot
"autonomie" signifie "sa propre loi").
L'individu n'est pas pour autant indépendant du contexte social
dans lequel il se trouve. La capacité d'autonomie résulte de
l'intériorisation de règles et de valeurs, consécutive à un
processus de négociation personnelle avec les divers systèmes
normatifs d'interdépendance et de contraintes sociales. Ainsi
l'autonomie ne recouvre ni la dépendance ni l'indépendance, mais
se définit dans l'interdépendance entre l'individu et les
systèmes normatifs."
Page
55

Le
livre d'histoire(s) et les mots à découper: deux outils
pédagogiques proposés au cours des ateliers.
"Avant
de présenter le cadre théorique dans lequel s'inscrivent ces
deux outils, nous allons décrire le déroulement d'une séance
d'atelier conte.
En
premier lieu, nous lisons un conte aux enfants. (...)
La
lecture que nous faisons du conte est une lecture active: elle ne
consiste pas à prendre un livre et à le lire simplement d'une
couverture à l'autre: "faire la lecture comprend également
des interventions avant, pendant et après la lecture." (Giasson,
1995, P. 123). Ainsi sont sollicitées des opérations cognitives
jouant dans l'acte de lecture (anticipation, exploration spatiale
de l'écrit, inférences, décodage de certaines phrases-clés
comme le titre, ...)
Nous
distribuons ensuite aux enfants un résumé dactylographié -ou
manuscrit- du conte lu. Ils sont invités à découper les mots
qu'ils préfèrent et à les agencer pour en faire une histoire.
Une fois leur production terminée, chacun peut la ranger dans son
livre d'histoire(s) (un classeur contenant des pochettes plastifiées)."
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57
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