Lecture 22

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  Lecture 21

La méthode Aucouturier

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La danse dans le processus thérapeutique

 

Fondements, outils et clinique en danse-thérapie

 

Benoît Lesage

 

L'ailleurs du corps

Erès

2006

 

 

 

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Coups de coeur

Quatrième de couverture

Table des matières

Citations

 

Coups de coeur

Un livre passionnant du début à la fin, tant dans ses parties théoriques que dans ses parties pratiques. 

 

La lecture n'en ai pas toujours simple principalement lors des parties théoriques, mais les concepts sont bien explicités, et les référents théoriques bien précisés. La bibliographie fournie, et le glossaire spécifique des méthodes de travail corporel citées dans l'ouvrage permettent d'avoir de nombreuses autres pistes de recherche une fois le livre fini. 

 

On y trouve beaucoup d'exemples d'activités bien articulés avec des éléments théoriques. 

 

De nombreux exemples cliniques détaillés, et permettant d'appréhender la multiplicité des approches. 

 

A noter la présentation des ateliers d'intégration illustrée par des photos de groupe d'adultes au travail. 

 

 

Quatrième de couverture

Peut-on soigner par la danse ? Peut-on donner à la danse une place dans l'arsenal thérapeutique ? A-t-elle la capacité de mobiliser la sphère psychique de l'individu qui " entre dans la danse " ? Quel corps
la danse met-elle en mouvement ? Comment s'élabore-t-il et comment, par son intermédiaire, le sujet se construit-il du même coup, et avec lui l'espace, le temps et les nuances de la présence qui fondent la relation et les interactions ? Si, nous dit l'auteur, la danse n'est pas thérapeutique en elle-même - pas plus que l'art ou la parole -, elle peut le devenir grâce au dispositif dans lequel elle s'inscrit. Ainsi à partir d'une longue pratique de la danse-thérapie, Benoît Lesage pose, dans cet ouvrage, les fondements théoriques de cette discipline et livre des outils qui permettent de les incarner. A la croisée de l'art, de la création, de la psychomotricité, de la
thérapie à médiation corporelle et de la pratique groupale, le parcours
interdisciplinaire qu'il propose s'ouvre à la clinique, abordée ici en relation avec diverses populations : personnes psychotiques polyhandicapées, présentant des troubles du comportement et de la communication, autistes, anorexiques, porteuses de handicap sensorimoteur... Au-delà des enjeux cliniques et thérapeutiques évoqués ici, la danse-thérapie hérite de la danse la faculté essentielle et fondatrice de convier les hommes à partager le rythme, les images, le plaisir sensoriel et parfois sensuel, en puisant aux mémoires individuelles et communautaires. Cet ancrage immémorial dans les mythes et dans l'enfance en fait une source dynamique qui peut remettre en marche le sujet... pas à pas.

 

 

Benoît Lesage est docteur en sciences humaines, médecin, danse-thérapeute. Chargé de cours à Paris VI (cursus de psychomotricité). Après avoir dansé et dirigé une compagnie de danse contemporaine au sein de l'université de Reims, puis occupé les fonctions de maître de conférences à la faculté de sports, il se
consacre à la danse-thérapie, essentiellement en institutions auprès de personnes handicapées, et à la formation professionnelle.

Table des matière: 

Introduction

FONDEMENTS ET STRUCTURES

 

LA CREATION DU CORPS

Des limites fluctuantes

Le sens de soi: un travail "d'approprioception"

Le travail du bébé

Limite et contenance

Donction tonique

Construire le tonus

Sortir de l'im-posture

Modulations du geste

D'ici à là... Naissance de l'espace et du temps

L'imaginaire: du corps-écran au corps-écrin

La danse et l'ordre du corps

 

Les structures du corps

La table des matières du corps

L'os ou le solide et les directions

S'articuler

Le muscle et la manifestation

La peau comme interface

Les organes: une profondeur remuante

La construction tonio-posturale: les chaînes musculaires

La centration et l'ancrage

La confrontation

L'axialité

eclosion et dynamique

La structrue de préservation/intériorisation

L'expansion et le contact

Equilibre et dynamique: 

Une grille pour la danse thérapie

Les structures du mouvement: les schèmes

 

L'expressivité du geste: pour une lecture psychodynamique du mouvement

Les paramètres du mouvement

les flux toniques et posturaux

Le poids

Les valeurs expressives de l'espace

La géométrie de l'espace

L'espace d'investissement personnel: la kinesphère

Le facteur Espace: direct/flexible (indirect)

Central/périphérique et se propulser/atteindre

Valeurs expressives du temps

Les dynamiques du mouvement

Gesticulation et gestation du sens

 

L'approche esthétique: pour une art-thérapie poïétique

L'art comme instauration et individuation

Formes primaires et secndaries

Le jeu des formes primaires en danse

Les affects de vitalité

Créer de nouvelles catégories

 

LE CADRE ET LES OUTILS DE LA DANSE-THERAPIE

 

Dynamique de groupe en danse thérapie

Le groupe comme matrice

Fonctions et rôles du danse-thérapeute: le cadre et le dispositif

Rôle et fonction

Le cadre et le dispositif en danse-thérapie

Les niveaux relationnels

Fonctions des consignes: le code fonctionnel

La dialectique sujet/groupe

Participer

Etre enveloppé, être porté

Se présenter au groupe/être magnifié

Co-exister et co-opérer

Se différencier

Les énergies du groupe: la longique des chaînes musculaires

Formes groupales

 

Rythme

 

Axes de travail, outils et méthodes pour la danse-thérapie

L'édification du corps

L'instauration des limites et la densification interne

La dialectique rythmique dedans/dehors

la modulation tonique

La dialectique poids/soutien/appui

Posturation

L'édification tonico-posturale: le jeu des chaînes musculaires

Les coordinations de bases: mise en place des schèmes de mouvement

La construction et l'expressivité du geste

L'usage du corps

L'expressivité: psychodynamique du geste

L'étayage psychocorporel

l'espace-temps

La rythmisation

Jeu symbolique, présentation, représentation

Intégration psychique

L'instauration d'une mémoire

L'axe relationnel

L'accordage tonico-postural

Niveaux et matrices relationnels

Dynamiques de groupe

Les positions sujet/groupe

La mise en forme: pour un axe poïétique

 

CLINIQUES SPECIFIQUES EN DANSE THERAPIE

 

Danse thérapie et dialogue corporel:

Rencontre avec des enfants et des adolescents polyhandicapés (Benoît Lesage)

Une expérience en danse thérapie auprès d'adolescents autistes (Laurence Auguste)

Danse-thérapie avec des adolescents mentalement handicapés. 

Un processus d'individuation et d'épanouissement ( Claire Dubugnon)

Psychose et adolescence: 

Angélique et Pierre (Catherine Yelnik)

 

De la différenciation à l'individuation: 

Approche transculturelle par la danse-thérapie d'un groupe thérapeutique de jeunes enfants psychotiques (Claire Bertin)

Danse-thérapie avec des adolescents porteurs d'un handicap mental (Johan Dhaese)

 

Dialogue corporel et danse-thérapie avec des personnes déficientes visuelles et mentalement handicapées

Un processus psychocorporel au long cours (Anne Flore Devez)

 

Le retour du soi dans le corps:

La danse-thérapie dans la prise en charge plurielle de l'anorexie mentale (Vincenzo Bellia)

 

EXPERIENCES INTEGRATIVES EN DANSE-THERAPIE

 

Un parcours à travers les matières du corps: entre peau et squelette

Espaces d'histoires

Les statuettes

Rencontre autour d'un tableau

Conclusion. Des danse-thérapies et des dans-thérapeutes.

 

ANNEXES

 

Annexe 1

Les danse-thérapies instituées: repères chronologiques et filiations

Annexe 2: 

Laban Movement Analysis (éléments)

Annexe 3

Glossaire spécifique des méthodes de travail corporle citées dans l'ouvrage

Annexe 5

Les chaînes musculaires et articularies selon la systématique de G. Struyf

Annexe 6

La synergie musculaire entre le diaphragme, transverse de l'abdomen et psoas

 

Bibliographie générale

 

Index des sujets traités

Extraits:

Le groupe comme matrice. 

(....)

Au sein du groupe vont donc se jouer des problématiques de limite bien spécifiques et/ou d'identification oedipienne. L'individuation, c'est à dire le parcours que doit effectuer chacun pour conquérir son individualité et devenir soi, se fait dans un dialectique moi-groupe. Comme l'image du corps, elle est un processus dynamique et on un acquis définitif. Or, la danse permet de jouer cette dialectique au travers d'un florilège de propositions identificatoires. On trouve en effet dans les danses traditionnelles de nombreuses figures de la relation individu/groupe: le danseur est tantôt au sein du groupe, enveloppé et protégé, tantôt mis en valeur, magnifié, ou encore participant, fondu dans la masse, tantôt différencié, voire affronté au groupe ou même exclu.... Les relations mises en scène -ritualisées- sont variables: co-existence, coopération, rivalité, arrachement, agression, amour, maternage....

Les propositions en danse-thérapie peuvent être lues ou construites pour explorer précisément ces différentes positions de l'individu au sein du groupe. 

P. 110

Fonctions et rôle du danse-thérapeute: le cadre et le dispositif

(.....) 

Rôle et fonction

(....) 

Le danse-thérapeute, en tant qu'animateur, accomplit une fonction parentale. Maternelle, tout d'abord, en tant que réceptacle et garant de ce que les participants déversent, selon l'expression de Decherf, en tant que pare-excitation, et aussi par rapport à la médiation qu'il exerce entre les participants et les expériences proposées. Il doit littéralement porter les participants, réguler les entrées, assumer les fonctions de holding, de hangling et d'object presenting énoncées par Winnicott. La fonction paternelle, quant à elle, se rapporte d'une part à la capacité de perforation de l'animateur, c'est-à-dire aux dérangements qu'il introduit dans les fonctionnements des participants, d'autre part aux lois posées, en particulier les règles de non-passage à l'acte, agressif ou sexuel....

P. 111

   

Le cadre et le dispositif en danse-thérapie

"Le danse-thérapeute" est l'instigateur et le garant du cadre des séances, ainsi que du dispositif mis en place. Cadre et dispositif sont intriqués, particulièrement en danse-thérapie où les variables font intégralement partie du dispositif et sont donc sans cesse en évolution. C'est en effet une spécificité de la danse que de travailler les transitions, les passages: d'un mouvement à l'autre, d'une spatialité ou d'une temporalité à l'autre, d'un type de relation l'autre.... Le terme anglo-saxon qui correspond à cette notion complexe de cadre/dispositif est celui de setting, apparu dans le champ psychanalytique, et qui décrivait initialement les règles formelles de la rencontre: lieu, temps, rythme, organisation de l'espace et du temps de la séance.... Le terme s'est ensuite étendu au dispositif, c'est-à-dire à ce qui est proposé au sein du cadre. Pour accueillir les patients, gérer leurs difficultés identitaires et/ou existentielles, et leur permettre de s'y mobiliser en vue d'une évolution, la séance doit être à la fois contenante, sécurisante, pour éviter la dispersion, ou le morcellement, suffisamment souple pour permettre les explorations et l'expérience de transformations, mais elle doit aussi pourvoir déranger un certain ordre dans lequel les participant se confinent. C'est dont le danse-thérapeute qui va garantir le cadre, mettre en place le dispositif, et veiller à le faire évoluer au cours de la séance et d'une séance à l'autre. 

 

P. 112

 

La dialectique sujet/groupe

 

On peut repérer les différentes positions du sujet vis-à-vis du groupe et développer des propositions spécifiques pour les faire explorer, l'important étant que les participants ne se figent pas dans l'une d'entre elles. La danse, soutenue par la voix et le rythme, permet une circulation fluide entre ces diverses positions. Pour chacune, un ou deux exercices types seront brièvement décrits. Il faut constamment garder à l'esprit que ces processus sont des mouvements -des déploiements d'énergie psychique- qui ont lieu au sein du groupe avec ses qualités qu'on a pu assimiler à celles du Moi-Peau (maintenance, contenance, pare-excitation, individuation, mémoire...). On peut donc aussi comprendre ces postions en termes d'identifications (projectives et introjectives), de projections, symbolisations, régressions, transferts (déni et clivage) déplacements, relation narcissique... 

 

P. 118

 

 

Se différencier

 

Une autre catégorie de propositions vise à permettre à chacun de se distinguer du groupe, de vivre un processus d'émergence et de différenciation. Un exemple simple consiste à accorder le groupe sur une pulsation, avec éventuellement un geste ou un son commun, et de demander à chacun, tour à tour ou librement, de sortir de l'unisson pour développer une partie personnelle. Il s'agit donc de se déphaser pour développer consciemment une danse personnelle. 

 

P. 125

 

 

Ce qui m'a toujours frappé, c'est la perte de repères que semble éprouver l'entourage de ces enfants polyhandicapés, comme si bien souvent on ne savait -ou n'osait- pas les toucher. Par peur de leur faire mal, par incompréhension, méconnaissance des besoins, parce que parfois ils bavent, au nom d'interdits renvoyant à une peur de l'érotisation.... pour toutes sortes de raisons, en fait, qui font qu'en fin de compte ces enfants restent sur leur faim dans le domaine des interactions corporelles, et que nous nous privons d'un mode de communication qui est tout de même celui qui a soutenu une bonne partie de nos premiers échanges, qui nous a donc informés. Or, ces enfants sont le plus souvent sans langage et sans autonomie motrice, sans parler des déficits sensoriels plus ou moins lourds, ce qui rend inutiles ou peu efficaces certains de nos moyens éducatifs classiques.

 

P. 158

 

 

L'imaginaire et la symbolisation

 

"C'est piscine et plouf au fond, au fond, au fond.... plus d'air", dit Julian en mettant les mains sur sa gorge. Il est prêt à sauter du banc et nous transmet le contexte, l'histoire qui émerge de ce jeu corporel. Il reste sur le banc sans pouvoir sauter, comme pétrifié par l'issue tragique que pourrait avoir son histoire. A ce moment Alina se précipite sur le banc et se projette dans les tissus: 

"Au secours, au secours, au secours..." crie Alina de toutes ses forces. 

Je fais mine de plonger au fond de l'eau et de nager pour aller la rejoindre et l'aider. 

"Vite, vite, vite, je dois vite nager... ah, ca y est, je te vois, Alina... j'arrive, j'arrive....Voilà, prends ma main..." Je joue la scène avec émotion et Aliana s'accroche à moi avec force et densité. Je sens enfin dans son corps quelque chose qui s'anime, qui se remplit! Elle se sert de ses pieds comme appui solide pour se sortir des tissus: la vitalité apparaît ainsi que le plaisir. 

J'observe ici deux processus différents: d'une part Julian qui fait émerger un imaginaire d'un jeu corporel; d'autre part Alina qui "plonge" littéralement dans le scénario de Julian et accède par là à un jeu corporel riche en éprouvés. C'est un processus particulièrement important si l'on se souvient de la problématique d'inconsistance et d'anesthésie d'Alina. 

Sur le bord (du banc), tout le groupe suit la scène avec enthousiasme, exprimant tout à tout des sentiments de peur, de joie, manifestant des attitudes d'attentes, d'impatience, d'encouragement...

Julian peut à présent s'élancer du banc et jouer cette scène où la sécurité et la fiabilité que représente l'adulte, de par sa place et sa fonction, sont mises à l'épreuve. 

Il saute au coeur des tissus, en criant très fort "héhéhéhé..." puis s'accroche fort aux tissus, les mord, me mord et me griffe à mon tour, lorsque je viens jouer le jeu du sauvetage. Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois qu'il pourra m'appeler à l'aide et jouer véritablement, dans le "faire semblant", cette scène. Il semble, à ce moment-là que son angoisse soit générée, entre autres, par cette confusion entre réel et imaginaire. 

 

P. 216 

 

 

Un parcours de la différenciation à l'individuation

 

Ce dernier rituel consiste à chanter une chanson de gestes et de paroles: "A Toi, A Moi, A Nous"". Nous recréons le cercle dans un endroit précis de la salle, réservé à cette proposition. 

Chacun prend un coussin et s'installe dessus afin de marquer son espace propre, son individualité. Il s'agit de chanter ensemble puis chacun à son tour d'écouter les autres, sans les annuler. 

Cette comptine utiliser le geste et les mots qu'on adresse à l'autre puis à soi et enfin au groupe: 

"A MOI" = poser la main sur soi; c'est le dedans, l'existence propre de chacun.

"A TOI"= montrer l'autre; c'est le dehors, le monde et autrui.

"A NOUS"= poser les mains ou adresser des gestes aux autres; c'est le groupe, c'est son individualité dans le groupal. 

Elle constitue un moment où l'on définit l'altérité, ce qui est moi/ce qui est toi, ce qui est à moi/ce qui est à toi, notre capacité à être et à se différencier de l'autre. "Je garde ma place dans le groupe et je continue d'exister pour moi avec les autres;.."

Alina éprouve beaucoup de plaisir à cette chanson, mais ses erreurs et confusions révèlent en grande partie ses difficultés: elle confond "A Toi" et "A moi", dans les gestes et les paroles et "A Nous" se transforme presque toujours "A vous". 

Pour Alina, "l'autre, c'est moi". 

(......)

Avant de se lever, d'aller remettre les chaussures et de se dire enfin au revoir, nous prenons quelques secondes de silence, chacun sur son coussin. Ce petit temps constitue un bon indicateur de l'état intérieur de chacun. Certains se roulent en boule sur leur coussin, d'autres se remémorent les moments du groupe en montrant certains objets ou en fredonnant les musiques ou des comptines, d'autres encore s'agitent ou agressent. 

Pour canaliser les débordements,s nous limitons la séparation par l'échange d'une poignée de main. 

 

P218/219. 

 

 

 

    

     

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