Symptômes:
"Un symptôme est une construction qu'un
sujet a tant bien que mal mis en place pour maintenir quelque
chose de son désir dans sa relation à autrui, mais qui le
présente lui, le sujet, comme objet de ce symptôme.
Yves de La Monneraye, La parole rééducatrice,
P 51.
____________________________________
"Sumptôma, en grec, signifie accident,
coïncidence; il est constitué à partir des deux mots sun, qui
veut dire avec, et piptein, qui signifie arriver ou survenir. Le
symptôme c'est donc, à l'origine, ce qui survient avec, ou ce
qui arrive avec."
Yves de La Monneraye, La parole
rééducatrice,
P 52
____________________________________
"Le symptôme est bien ce qui arrive avec
quelque chose, mais qui demeure alors que ce quelque chose a
disparu, ou plus exactement est devenu inconscient. Ainsi, le
symptôme est le résultat du refoulement d'un conflit qui avait
été insupportable pur le sujet et qui est devenu inconscient".
Yves de La Monneraye, La parole
rééducatrice,
P 52
____________________________________
"Il est de la plus grande importance que les thérapeutes
aient un point de vue clair sur la façon dont ils envisagent la
symptomatologie.
Il y a quatre courants prédominants majeurs
concernant l'origine et le traitement des symptômes.
Les symptômes sont, pour l'une des théories, les
manifestations d'expériences traumatiques du passé, surtout de
l'enfance et des premiers mois, et on ne peut en guérir qu'en
retrouvant la cause originaire. Ce voyage dans le passé peut
être conduit soit par une approche cognitive soit par la
psychanalyse, ou bien par une démarche émotionnelle (thérapie
primale, bio-énergie, thérapie reichienne). Mais pour toutes ces
approches c'est le rapport à la cause originaire qui est le pivot
de la cure.
La seconde position voit dans le symptôme un
défaut d'apprentissage (conditionnement) dû à une expérience
ancienne ou actuelle. Le traitement se concentre sur le présent
et sur une structuration cognitive d'expériences de ré apprentissage
(modification comportementale, restructuration cognitive, re
conditionnement, apprentissage de nouveaux modèles.) Pour cette
thérapie la recherche de la cause du symptôme n'est pas
pertinente.
Le troisième courant prend une position
psycho-neuro-psysiologique, considérant le symptôme tant d'un
point de vue organique que comportemental. Dans ce cadre là, les
déterminants de l'étiologie du symptôme sont des facteurs génétiques
et biochimiques et des influences de l'environnement. Le
traitement inclut une intervention biochimique.
La troisième position voit dans le symptôme un
message ou un "don" (Ritterman, 1983) de l'inconscient
pouvant être utilisé pour le résoudre, sans prendre en compte
des causes anciennes. Erickson a fait un travail de découvreur en
mettant les bases de cette approche par une utilisation à multiples
facettes en hypno-thérapie."
J.C. Mills et R.J. Crowley
Métaphores thérapeutiques pour
enfants, 1995,
p 70
___________________________________
" Le symptôme est ce qui resurgit d'un réel qui ne peut être symbolisé autrement.
Les symptômes qu'un enfant nous présente ne sont pas des réalités mais ce sont des signifiants d'appel, des signifiants constitutifs d'un langage."
Alain GUY
" l'Erre "
1990.
___________________________________
Prévention
et conduites symptomatiques à l'école
"Au
plan métapsychologique, l'ambivalence des symptômes manifestés
à l'école est liée au statut de compromis du symptôme:
réalisation d'une exigence du Surmoi et position du refoulé
pulsionnel. Ce compromis (même dans le cas de symptômes non
névrotique) permet certains bénéfices secondaires et, pour
certains symptômes, une échappatoire à l'angoisse: en ce sens,
le symptôme peut avoir lui-même valeur de prévention, empêcher
l'angoisse de venir. Au plan clinique le symptôme est un langage,
dans les deux pôles fondamentaux décrits par Lacan - à la suite
de Jakobson- de la métaphore (condensation) et de la métonymie
(déplacement). Il est un langage dont la parole doit être
délivrée pour que le sujet apparaisse. D'où la nécessité
d'écouter ce langage ou, comme on le dit encore, de respecter le
symptôme (cf. Winnicott: "l'enfant a besoin du symptôme
pour traduire un accroc dans son développement affectif").
Prévention:
que prévient-on?
Dominique
De Peslouan
L'Erre
numéro spécial
7ème
congrès de la FNAREN
Fédération
Nationale des Associations de Rééducateurs de l'Éducation
Nationale
Clermont-Ferrand
23-24-25
mai 1991
Page
65
___________________________________

Prévention
et conduites symptomatiques à l'école
"Se
trouve ici posée au rééducateur la question de la fonction et
du sens du symptôme. Le symptôme a-t-il pour fonction
(relativement générale) d'exprimer un conflit avec
l'environnement, de défendre le moi face à une situation
actuellement inassumable (conflit inhérent au
développement-dysharmonie des lignes de développement-, à un
processus de maturation et de créativité), ou a-t-il pour sens
(interne au processus thérapeutique) d'exprimer un conflit
interne, dans lequel l'enfant risque de perdre pied par rapport à
lui-même et aux autres et/ou d'exprimer le symptôme parental,
dont l'enfant porte la dette?
Pratiquement,
respecter le symptôme, c'est donc pouvoir repérer, à travers la
banalité des conduites symptomatiques à l'école les effets de
ces conduites sur l'organisation mentale et donc sur l'adaptation
scolaire de l'enfant: