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Compagnie du Saint-Sacrement de l'Autel
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Créée en 1627 par Henri de Levis, duc de Ventadour, ennemi juré des Huguenots qui se fait ordonner prêtre, la Compagnie, constituée de membres issus de l'aristocratie et de la bourgeoisie parlementaire, est animée par le zèle militant de la Contre-Réforme.
La Compagnie reprend à son compte quelques-uns des objectifs de la Sainte Ligue, fondée par le Duc de Guise en 1576.
Elle vise à la fois des buts charitables et ambitieux, tels que la fondation d'hôpitaux, le secours aux victimes de la guerre, mais aussi l'enfermement des mendiants, la lutte contre les Réformés, les hérétiques, les gens aux mœurs dépravées, le carnaval et les duels.
En quelques décennies, elle s'organise pour former une société secrète influente, à la Cour mais aussi dans des familles pénétrées par des directeurs de conscience, ainsi que dans l'armée et la magistrature. Elle devient la "Cabale des dévots", qui n'hésite pas, au nom de l'intérêt du Ciel, à dénoncer publiquement les personnes coupables d'adultère, de blasphème, et de libertinage.
Dans les statuts et réglements de la compagnie, la notion de secret revient d'une façon quasi-obsessionnelle : "La première voie qui forme l'esprtit de la Compagnie et qui lui est essentielle est le secret... Le secret étant l'âme de la Compagnie sera inviolablement gardé... afin de tenir la compagnie plus secrète."
Il est permis de s'interroger sur les fins ultimes d'une telle société.
Alliant activités de bienfaisance et ordre moral, la Compagnie est une force politique avec laquelle il faut compter. Pendant plus de trente ans, elle a obligé Louis XIII, Richelieu et Mazarin à composer avec elle.
Protégée par Anne d'Autriche, elle gêne tour à tour, dans l'exercice du pouvoir, Richelieu, Mazarin et Louis XIV, et c'est assurément pour cette raison que ce dernier finit par l'interdire en 1665.
C'est la Compagnie du Saint-Sacrement qui, prenant la défense des intérêts de l'Église devient l'ennemie jurée de Molière dans "l'affaire du Tartuffe".
L'or et les joyaux du Saint-Sacrement
JEAN-JACQUES OLIER
Né en 1608, Jean-Jacques Olier avait obtenu en 1642 la cure de Saint-Sulpice à Paris par le père de Condren, l'un des discrets fondateurs de la Compagnie. Avant d'intégrer Saint-Sulpice, Jean-Jacques Olier fut à l'âge de 17 ans et durant 17 années prieur de Clisson.
Il avait été préparé au sacerdoce par saint-Vincent-de-Paul.
Le fondateur des sulpiciens, Jean-Jacques Olier, a préparé l'esquisse d'une image utilisée par la Confrérie du Saint-Sacrement de la paroisse Saint-Sulpice de Paris.
Cette image de l'Adoration du Saint-Sacrement évoque la dévotion toute particulière pour le Saint-Sacrement via la grande hostie du Christ vénérée dans l'ostensoir.
Le rapport entre Saint Sulpice et la Normandie, passe par Madame d'Aiguillon nièce de Richelieu, qui finança les missions de Saint vincent de Paul et de mr Olier et de bien d'autres c'est à dire tout ceux qui participèrent à la Contre Réforme, et finança des missions au Canada.
Plusieurs membres de la Société de Notre-Dame, qui a fondé Montréal, faisaient partie de la fameuse et très puissante Compagnie du Saint-Sacrement. L'ostensoir fut donné aux religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.
Les bases horizontales des deux triangles qui composent le Sceau de Salomon, "tournent" latéralement jusqu’à assumer une position verticale.
La symbolique des triangles reste inaltérée : le pouvoir divin, spirituel, religieux descend du ciel pour éclairer la terre (triangle pointe en bas) pendant que le pouvoir temporel, souverain et politique pose ses bases sur la terre et tente de s'élever vers le ciel (triangle pointe en haut).
Mais la nouvelle composition veut indiquer que cette union de pouvoirs dans un seul Homme doit arriver "à l'intérieur" du Temple, à l'abri des deux colonnes Boaz et Jachin.
Le "Grand Son Primordial" s'écrivait A et M entrelacés.
A noter que ce marbre rouge veiné de blanc provient de la région de Caunes-Minervois, près de Carcassonne.
17 janvier 1681 - réunion au Château de Rennes
Hercule-André de Fleury qui deviendra cardinal
Jean de Lévis, fils de Henri de Lévis, créateur de la Compagnie en 1627 (interdite en 1665 par Louis XIV)
Le Prieuré de Sion créé en 1681 à RLC
SAINT VINCENT DE PAUL
Saint-Vincent-de-Paul, directeur de conscience d'Anne d'Autriche et fondateur des Enfants de Saint-Vincent-de-Paul. Ce dernier assiste Louis XIII dans son agonie.
Mystérieux personnage qui affirma avoir été enlevé à Marseille pendant dix-huit mois, entre 1605 et 1607, par les Maures et détenu chez un alchimiste de Tunis ! Molière fit dire à Géronte : "Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?".
Or Monsieur Vincent a séjourné en 1605 à Notre-Dame de Marceille près de Limoux au nord d'Alet (Aude).
En 1632, les chanoines réguliers de Saint-Victor cèdent à Vincent le prieuré de Saint-Lazare. Le lieu devient alors le point focal de la congrégation et permet aux membres de prendre le nom de ’Lazaristes’.
La recherche de la pierre philosophale par Vincent de Paul ne semble pas a priori cadrer avec la sainte vie du personnage. Elle renvoie en fait à une épisode de sa jeunesse en juillet 1605, alors que, déjà ordonné prêtre, il vogue de Marseille vers Narbonne et est fait prisonnier par des pirates barbaresques (cf. Pierre Miquel, Saint Vincent de Paul, Fayard, 1996) .
Il raconte lui-même comment se passa le début de sa captivité dans une lettre qu’il adressa d’Avignon, le 24 juillet 1607, à Monsieur de Comet (cf. Saint Vincent de Paul, Correspondance, entretiens, documents. I. Correspondance. Tome I (1607-1639), Paris, Gavalda, 1920, p. 5-7)
"Je fus vendu à un pêcheur, qui fut contraint de se défaire bientôt de moi, pour n’avoir rien de si contraire que la mer, et depuis par le pêcheur à un vieillard, médecin spagirique, souverain tireur de quintessences, homme fort humain et traitable, lequel, à ce qu’il me disait, avait travaillé cinquante ans à la recherche de la pierre philosophale, et en vain quant à la pierre, mais fort heureusement à une sorte de transmutation des métaux. En foi de quoi, je lui ai souvent vu fondre autant d’or que d’argent ensemble, les mettre en petites lamines, et puis mettre un lit de quelques poudres, puis un autre de lamines, et puis un autre de poudres dans un creuset ou vase à fondre des orfèvres, le tenir au feu vingt-quatre heures, puis l’ouvrir et trouver l’argent être devenu or ; et plus souvent encore congeler ou fixer de l’argent vif en fin argent, qu’il vendait pour donner aux pauvres. Mon occupation était à tenir le feu à dix ou douze fourneaux (…)."
Il restera avec ce médecin jusqu’à août 1606 et est libéré en 1607
NICOLAS PAVILLON
Né à Paris en 1597, Nicolas Pavillon fut formé à la vie sacerdotale et apostolique sous la direction de Saint Vincent de Paul. Il fut nommé en 1637 par Richelieu à l’évêché d’Alet où il resta jusqu'à sa mort en 1677.
Ses attaches avec les jansénistes suscitèrent contre lui des oppositions.I H S était la signature janséniste de Nicolas Pavillon.
Lettre 880. Dossier de la Mission — NICOLAS PAVILLON, ÉVÊQUE D’ALET, A SAINT VINCENT
Monsieur,
Voilà que je vous rends Monsieur Féret, qu’il vous a plu nous prêter pour quelques années. Je vous en rends très humbles grâces, reconnaissant ingénuement vous en avoir une particulière obligation. Il a rendu de très grands services à Dieu dans ce diocèse et y a répandu, par ses instructions et par l’exemple de ses vertus, la bonne odeur d’édification en tous états. Aussi a-t-il été généralement aimé et regretté de tous. Il s’en va se jeter entre vos bras, dans l’esprit d’indifférence, pour être déterminé, par vos avis et résolutions, à quoi que vous jugerez le devoir employer. Il ne peut qu’y réussir heureusement et procurer avantageusement le service de Dieu et de l’Église. Vous en reconnaîtrez, comme j’espère dedans l’expérience beaucoup plus que je ne puis vous exprimer. Quoique la perte que nous en allons faire pour ce pauvre diocèse nous en soit rude, nous l’acceptons pourtant avec douceur et patience, comme de la bonne et paternelle main de Dieu, qui nous donne et nous ôte comme il lui plaît. Il vous entretiendra de toutes nos petites nécessités, auxquelles je vous supplie très humblement de nous vouloir donner vos assistances ; ce que j’espère que vous ferez, Monsieur, d’autant plus volontiers qui regardent le rétablissement du service
de Dieu et de la discipline de son Église. Monsieur Féret vous informera plus nettement de toutes ces affaires et des expédients qu’on pourrait employer pour en venir à bout. Je ne doute point, Monsieur, que votre zèle et vos adresses, conjoints au crédit que Dieu vous a donné, ne contribuent beaucoup à leur avancement. C’est ce qui m’oblige de l’implorer en cette occasion, comme aussi vos prières et sacrifices, pour nos extrêmes nécessités spirituelles. Je supplierai Notre-Seigneur en contre-échange de vous remplir de ses plus saintes bénédictions, et vous de me faire l’honneur de me croire de plus en plus, en son amour, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
NICOLAS,
é[vêque] d’Alet.
D’Alet, ce 25 octobre 1646
Suscription : A. Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission
Lettre 1005. Gossin, op. Cit., p. 453, d’après l’original communiqué par la marquise de Périer — A NICOLAS PAVILLON, ÉVÊQUE D’ALET
De Paris, ce [] janvier 1648.
Monseigneur,
Agréez, s’il vous plaît, qu’en ce commencement d’année, je vous renouvelle les offres de mon obéissance perpétuelle, et que, prosterné en esprit à vos pieds, Monseigneur, je vous demande votre bénédiction, à ce qu’il plaise à Dieu faire miséricorde à mon âme, maintenant que sa séparation est proche d’avec ce misérable corps. C’est ce que je fais, Monseigneur, avec toute l’humilité et la confiance que le peut un pauvre prêtre vers l’un des plus dignes prélats qu’il connaisse au monde. J’apprends de plus en plus, Monseigneur, la bénédiction que Dieu donne à vos conduites tout apostoliques et qui répandent partout tant de suaves odeurs que mon chétif cœur ne peut contenir la joie qu’il en ressent. Je prie Notre-Seigneur qu’il continue de se glorifier par elles.
J’ai été prié par M. de Benjamin, fils de feu M. de Benjamin, qui tenait de l’Académie du roi, de vous parler de lui et de vous supplier, comme je fais, Monseigneur, de le recevoir pour quelque temps près de votre sacrée personne. Il est ecclésiastique, diacre, âgé de 28 ou 30 ans, pieux, savant, qui a l’esprit bon et qui ne cherche qu’à se perfectionner en sa profession ; ce qu’il témoigne particulièrement par le choix qu’il fait d’une si bonne école. Je ne vous en parle, Monseigneur, qu’à
condition que vous le puissiez faire sans vous incommoder. Il ne vous sera nullement à charge pour sa dépense, car il a 5 ou 6.000 livres de rente de son patrimoine. Faites-moi la grâce, s’il vous plaît, Monseigneur, de me mander votre intention et de m’honorer de vos commandements. Vous savez qu’ils me seront très chers et que je suis à la vie et à la mort, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa glorieuse Mère, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
VINCENT DEPAUL,
indigne prêtre de la Mission.
Lettre 1011. Dossier de la Mission — NICOLAS PAVILLON A SAINT VINCENT
D’Alet, ce 29 janvier 1648.
Monsieur mon très cher et très honoré Père,
Je chéris et respecte d’autant plus les lettres qui me viennent maintenant de votre part, que je sais qu’elles sont comme tirées de la presse de vos saintes et très importantes occupations pour le service de Dieu et de l’Église, qui vont, comme j’apprends, croissant de jour en jour. Aussi, quand ce bonheur m’arrive, je le reçois comme un effet de votre charité paternelle vers moi, qui me sens obligé par conséquent de vous en faire un remerciement très particulier avec toute l’humilité affection et révérence qui m’est possible.
Si la disposition de notre pauvre et chétive famille et la condition de nos divers petits emplois souffraient que je reçusse des ecclésiastiques parmi nous pour y faire servir, autres que ceux qui nous sont nécessaires pour l’administration du diocèse et des affaires qui en dépendent, j’agréerais de bien bon cœur une telle occasion qu’il vous plaît me proposer et qui, à mon avis, ne pourrait réussir qu’à la commune édification de tous nos domestiques et de notre clergé. Mais me trouvant ci-devant obligé de m’excuser, pour ces mêmes raisons, envers plusieurs, des principales et des plus remarquables familles de ce pays, qui s’étaient présentés pour cette même fin, je devrais, ce me semble, appréhender de leur donner quelque sujet de mécontentement, en recevant quelques autres d’ailleurs, et de faire encore un préjugé pour l’avenir en semblables rencontres. Examinez, Monsieur, vous-même, s’il vous plaît, le fondement de cette difficulté.
Cependant mon très cher et très honoré Père, je ne vous puis dissimuler qu’un des plus grands désirs qui me pourraient rester en cette vie serait d’avoir l’honneur de vous revoir encore et de jouir, au moins pour quelque peu de temps, de votre santé et amiable conversation, ce qui serait sans doute d’une singulière consolation et très grande utilité spirituelle pour moi. Mais si la divine Providence en dispose autrement, comme il y a de l’apparence, au moins la suppliai-je
très humblement de n’avoir pas égard à mon extrême indignité pour me priver de cette grâce dedans l’éternité. Vous me pouvez, mon très cher Père, par vos saintes prières et sacrifices, obtenir cette miséricorde, et c’est de quoi je vous conjure très instamment comme aussi de me croire plus que jamais, en l’amour de notre cher Sauveur et de sa sainte Mère, Monsieur mon très cher et très honore Père, votre très humble, très obéissant et très obligé serviteur et fils.
NICOLAS,
indigne évêque d’Alet.
Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent, supérieur général de la congrégation des prêtres de la Mission, à Saint-Lazare-lez-Paris.
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