AXIS MUNDI
La Méridienne de Paris.
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En novembre 1998 Monsieur Paul Chemetov annonçait " Célébrer le siècle et le millénaire, c’est affirmer que nous avons habité le temps et que nous allons continuer à le faire par-delà la finitude de chaque destin individuel. ". (…)
C’est ainsi que sera décidée l’édification d’une ligne d’arbres traversant la France dans sa plus grande longueur et tout au long de laquelle un gigantesque pique-nique se déroulera le 14 juillet 2000 (…). Ce tracé occupant la longueur maximum du territoire le partage également en deux parties quasiment égales, ne reprend ni plus ni moins que l’ancien ‘Méridien Zéro’ dit ‘Méridienne de Paris’(…).
Le projet de P. Chemetov sera donc de faire resurgir de l’oubli cette droite fantastique en la concrétisant avant tout par un tracé fait d’arbres aux " essences de longue vie, celles que l’on dit millénaires : chênes dans le Nord, oliviers dans le Midi, espèces d’altitude dans la traversée du Massif Central et les Pyrénées ". (…)
(…) En 1668 Colbert réclame impérativement ‘des cartes géographiques de la France plus exactes que celles qui ont été faites jusqu’ici.’ La mission de l’établissement du ‘Châssis général’ incombera à l’abbé Picard. Ce dernier deviendra par son travail méticuleux, en 1681, l’instigateur du principe de la triangulation, puis de l’importance du méridien de Paris dans les calculs concernant la forme de la Terre. La première étude mondiale aura lieu en 1668 durant laquelle l’abbé mesura un arc de méridien terrestre sur une distance de 130km entre Malvoisins, Essonne, et Sourdan dans la Somme. (…).
Depuis l’Antiquité l’Orient sait que la terre est sphérique, et vers 240 av . J.C.Erastosthène en calculera le rayon terrestre avec une précision de 10%. La méridienne établie par Cassini entre Dunkerque et Perpignan laisse apparaître le globe terrestre légèrement allongé selon l’axe des pôles (…). Il sera définitivement prouvé que la Terre est aplatie aux pôles. Pour ces calculs astronomiques il fallait un lieu de référence à la fois pour les recherches, pour les observations et aussi afin de concrétiser, et conserver, ces résultats. Ainsi naît en 1667 aux confins de Paris, sous l’impulsion de l’Académie Royale des Sciences, l’Observatoire Royal. Colbert fera venir du conté de Nice un certain Jean-Dominique Cassini (1625-1712), et Louis XIV lui confie la responsabilité de l’Observatoire de Paris. (…).
(…)°Les 4 ‘directeurs’ de l’observatoire furent tous membre de l’’Angélique’ où ils occupèrent les plus hautes fonctions de maîtrise (…). Plus curieusement encore, ils écrivirent une sorte de document personnel (…). Dans cette série de ‘cahiers Méridiens’(…), où il y était question de relevés accentués sur certains points du territoire, on y note une insistance remarquable pour des sites dits ‘archéologiques’ situés uniquement sur la méridienne de Paris. (…).
22 décembre 1666 ( !), 1ère séance de l’Académie Royale des Sciences et création immédiate de l’Observatoire Royal. 7 mars 1667 achat (effectif le 8 mars) du terrain à cet effet. 21 juin ( !) est tracé sur le terrain le plan des bâtiments tel qu’on le voit aujourd’hui. (…) " Le plan médian de celui-ci définira désormais le méridien de Paris ou méridien origine pour la France ". (…)
Après l’acte de baptême des bâtiments voyons le berceau. Le lieu d’implantation : l’endroit était situé sur des domaines exclusivement religieux : l’abbaye de Port-Royal, le noviciat des Pères de l’Oratoire et le noviciat des Capucins. Les plans seront l’œuvre de Claude Perrault, frère de Charles Perrault auteur des contes de ‘Ma Mère l’Oye’. Pour mémoire nous retenons que les deux frères sont affiliés à une société ‘Angélique’ (…). Le sous-sol choisi est celui de très anciennes carrières aménagées en catacombes et en une véritable citadelle souterraine labyrinthique bien connue à l’époque par des initiés de différentes tendances ésotériques et magiques. Perrault tenait, à ces effets, à ce que l’édifice majeur ‘s’axe’ sur son puits zénithale et non l’inverse ! (…).Perrault explique (…) l’utilité historique de bâtir autour du puits zénithal afin de conserver intact l’accès à la cavité souterraine qui sera connue sous le nom de ‘Nostre Dame Soubsterre’. On accèdait à cette ‘antyque Chaspel’ par quelques escaliers à vis et on y contemplait ‘admirablement’ une petite vierge noire retrouvée lors des travaux (…). Plus tard certains alchimistes et pas des moindres considéraient cette ‘crypte’ comme seule capable de donner les ‘moments’ propices aux différentes phases du Grand Oeuvre, et d’y récolter le minéral seul capable d’ouvrir les travaux sur la Matéria Prima. Ce lieu alchimique semblait connu sous le vocable de ‘Pierre brute du Grand Art’. (…) L’Observatoire Royal aurait reçu d’illustres visiteurs curieux, ou savants, parmi lesquels se distinguent plusieurs fois messieurs Reynaud Levieux, Nicolas Poussin et des notables religieux à majorité cartusienne.
La profondeur du puits zénithal fut fixée à 28 mètres et 27 m pour la hauteur du bâtiment, ce qui donne un hauteur totale de 55m. L’utilité première prévue pour l’observation stellaire fut rapidement délaissée., et ce ne sera qu’en 1851 que Foucault réalisera sa seconde expérience du pendule rendue célèbre par Umberto Eco. Puis ce sera, pour Foucault, en 1862, la 1ère détermination de la vitesse de la lumière toujours dans ce même local.
(…).Il fallait, dès la fin du XVIIIe S., trouver un système universel permettant tous les échanges possibles : masses, longueurs, capacités, entre toutes les nations et sous réserve que ce système ne présente " rien d’arbitraire ni de particulier à la situation d’aucun peuple sur le globe ". Et le méridien zéro donna naissance à l’ancêtre du système décimal : le premier mètre étalon ! Il fut établi que le Méridien de Paris servirait de base à la nouvelle uniformisation des mesures.
Le 10 septembre 1799 le nouveau système est sanctionné. (…). En fait notre système décimal fut défini " comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre "… donc du méridien zéro de l’époque : celui de Paris. (…).
- La France, dès 1789, voit son territoire entrer dans la forme géométrique d’un hexagone presque parfait, en tous cas indiscutable.
Héliodore chassé du Temple par les Anges
Le menhir de Peyrolles près de Serres
Chiffres méridiens.
La méridienne zéro rencontre le 45e parallèle dans le Cantal à Ayrens.
Longueur totale 960.100 mètres.
Au niveau zéro (mer) : Dunkerque. Au niveau le plus élevé : +2400m à Prats De Mollo.
La méridienne traverse 337 communes et 20 départements. A Paris elle croise : l’Observatoire ( !), le Sénat , la Pyramide du Louvre, le Conseil Constitutionnel, le Ministère de la Culture. Elle croise aussi les mines d’or de Salsigne…
Dans l'Aude, elle passe par Peyrolles, Serres, Rennes-les-Bains, Bugarach ...
La Méridienne Verte dans le département de l'Aude