La Bombe Atomique

 

 

 1) Historique

La découverte :

La radioactivité naturelle est découverte en 1896 par le physicien français Henri Becquerel qui constata que des composés de l'élément uranium pouvaient noircir une plaque photographique, bien qu'ils soient séparés de celle-ci par du verre ou du papier noir.

Ses travaux sont poursuivis par Pierre et Marie Curie qui découvrent à leur tour le polonium et le radium, éléments radioactifs, ils comprennent aussi le fonctionnement de l'extraction de l'uranium à partir de pechblende, résidu minéral sans aucune valeur industrielle dont ils importent une tonne en France pour en extraire moins de deux Grammes.

Voir sur le centenaire de la découverte de la radioactivité et Pierre & Marie Curie : http://www.ccr.jussieu.fr/radioactivite/

           

H. Becquerel                  Pierre                      &       Marie Curie

 

Les Projets militaires :

C'est en 1939 que différents physiciens allemands dont le Prix Nobel Werner Heisenberg constituèrent, un comité pour la recherche atomique dont Goering prit la tête en 1942, créant ainsi le premier groupe d’étude du monde mais l'indécision du Führer quant à quelle piste choisir pour innover, les attaques de l’usine d’eau lourde norvégienne, le manque d’organisation et de financement ( moins de 0.5 % du Projet Manhattan ) fit que ce projet ne mena à rien.  De l'autre côté de l'Atlantique, le savant juif-allemand Albert Einstein qui avait fuit les pressions nazies écrivit en 1939 une lettre - à la demande de plusieurs de ses amis physiciens- à Franklin Delano Roosevelt, le président des Etats-Unis de l’époque. Elle l'avertit de la possibilité de construire une bombe basée sur l'énergie contenue dans un atome qui, selon lui, si elle était introduite par bateau dans un port pourrait fort bien détruire entièrement le port et raser complètement le territoire avoisinant.

 Néanmoins, ce n'est que l'attaque de Pearl Harbor qui décide la Maison Blanche a lancé le Manhattan District ( Projet Manhattan en français ). Placé sous contrôle militaire, il est mené par différents prix Nobel dont Robert Oppenheimer, Enrico Fermi, Ernest Lawrence ou encore Arthur Compton qui travailleront dans différents centres dont celui de Los Alamos ( Nouveau-Mexique ), Alamogordo ou celui d'Oak River, dit « Y-12 ».

Le 16 juillet 1945 dans le désert Alamogordo, toujours au Nouveau-Mexique explose la première bombe atomique A ( cf : Technique ) de l'Histoire. Bien qu'expérimentale, elle est jugée efficace par Truman, nouveau président investi suite au décès de Roosevelt, qui décide de l'utiliser contre le Japon, seul pays refusant encore  la capitulation et en envoyant ses kamikazes sur des portes-avions de l’US Navy.

Sur le Projet Manhattan :  http://club.ib.be/rene.jodogne/Manhattan.html

 

 

                 

Franklin Roosevelt     &   le trio Staline-Roosevelt-Churchill        

    Robert Oppenheimer       &           Enrico Fermi               

 

Désert de Alamogordo  

       

 

Premier bombardement atomique :

 Le 6 août 1945, Hiroshima est prise pour première cible par Little Boy – 14 kilotonnes - transportée sur le bombardier Enola Gay.  Bilan: 75 000 morts sur le coup, 90 000 blessés et beaucoup plus de futurs malades du cancer, de malformations génétiques ou d'irradiation de fœtus.

 

Les militaires de l'Empire refusent encore de se rendre. Fat Man est larguée le 9 août sur Nagasaki. Bilan: 20 000 tués, 60 000 blessés et le même constat que pour la première.

  Après un accord tacite de l’Empereur, les Japonais signe la fin de la guerre sur le cuirassé américain Missouri le 11 septembre 1945. Le monde entier est stupéfait, intrigué ou apeuré par cet éclair blanc dont personne ne sait rien.

                  

Victimes civiles de Nagasaki                        Photographie de Nagasaki quelques heures après le bombardement

 

 

 

 Le Soleil Nucléaire venait d’inonder de sa lumière rougeâtre les océans.

 

La révélation :

Trois jours plus tard, Truman prononce un discours d’excuse mais et ajoute:  « Nous devons nous constituer les gardiens de cette nouvelle force afin d’empêcher son emploi néfaste et afin de la diriger pour le bien de l’humanité. C’est une terrible responsabilité qui nous est échue. Nous remercions Dieu qu’elle soit venue à nous plutôt qu’a nos ennemis et nous prions pour qu’Il nous guide pour l’utiliser dans Ses voies et dans Ses buts .» Le ton était donné pour les années à venir : les Etats-Unis ont cette nouvelle arme, si dangereuse et qui pourrait bien, un jour, bouleverser l’Humanité. Les alliés et les Soviétiques qui envahirent l’Allemagne découvrirent les projets nucléaires allemands qui étaient par ailleurs en retard sur l’américain, ils capturèrent aussi les scientifiques et les utilisèrent pour leurs propres projets. Ainsi, Werner von Braun, célèbre inventeur des V1 et V2 passa du côté américain et innova en  créant les ICBM et les fusées lunaires, les mêmes éléments furent développés notamment par ses assistants en URSS pour Spoutnik, Gagarine ainsi que le module d’alunissage qui s’écrasa au lieu de se poser sur notre satellite: peu importe d’où viennent les cerveaux, tant qu’ils sont utiles…  Les 1er et 25 juillet 1945, deux essais ont été accomplis avec succès dans l’atoll de Bikini, le second, sous-marin, démontra parfaitement l’utilité de l’arme dans un milieu aquatique : les cuirassés placés à 400 m de l’explosion furent littéralement déchiquetés comme de simples allumettes, la formation d’une vague de cent mètres de hauteur due à la colonne d’eau déplacée à plus de deux kilomètres au-dessus du niveau de la mer se répandit et coula les navires placés à 2 Km

 

 

Source principale : Le Complexe Atomique de Bertrand Goldschmidt ( Fayard, 1980 )

                                                                         

Le président Truman                                Monument érigé en l’honneur des victimes de la bombe d’Hiroshima

 

Explosion dans l’atoll de Bikini 

 

L’URSS développe sa bombe… :

Au début de l’année 1949, un avion de reconnaissance américain qui accomplissait une mission de routine entre l’Alaska et le Japon détecta une faible source radioactive, les ballons-sondes dépêchés sur le lieux furent formels : Les Russes avaient la bombe. Premier essai nucléaire russe, une bombe A à plutonium  avait explosé le 29 août 1949 près de Semipalatinsk en Sibérie. Truman fut incrédule mais dut se résigner à accepter : il annonça lui-même à la presse que son ennemi avait la Bombe devançant par ailleurs ses détracteurs qui lui reprochaient son manque d’informations à ce sujet. La politique du secret américain entrepris jusqu’à ce jour avait donc une sœur jumelle. Maintenant que les deux Grands l’avait, la Guerre Froide prenait une autre tournure.

 

Puis le Royaume-Uni:

Le Royaume Uni fut le premier à prendre la décision : au début de l’année 1947, le Premier ministre travailliste Attlee lança dans le plus grand secret, si appréciable et apprécié dans le domaine atomique, le projet britannique. Ce n’est qu’un an plus tard, en mai 1948 qu’une question parlementaire fut posée, en réalité à sa demande, pour connaître l’avancement de la politique atomique, il y évoqua plus qu’allusivement que son gouvernement avait entrepris le projet nucléaire. Churchill, qui s’était désolidarisé de son compagnon américain sur la stratégie militaire, ne manqua pas de sourire en faisant exploser sa bombe A créée par ses scientifiques le 3 octobre 1952. C’est alors que la France, la Norvège puis la Suède esquissèrent d’autres projets qui ne virent pas le jour, faute de moyens ou de matériaux fissiles.

 

 

La Bombe H:

Pendant ce temps, aux Etats-Unis naquit l’horreur puissance 1000 suivant l‘expression d’un scientifique de l’époque : la « Superbombe » ou bombe H pour hydrogène qu’ils firent exploser dans l’atoll de Bikini, le 1er Mars 1954. Transportable par avion, d’une puissance de 15 Mégatonnes – cinq fois l’équivalent de toutes les bombes alliées lancées par avion pendant la Seconde Guerre Mondiale -, elle avait creusé un cratère de cinq cents mètres de large et fait fondre le sable à cet endroit. Certains scientifiques ironisèrent : faire un trou pareil avec de la dynamite aurait coûté une vraie fortune… Les retombées stratosphériques furent énormes, un bateau de pêche japonais  et  l’atoll de Rongelap furent irradiés, l’opinion internationale se tourna vers les Etats-Unis qui signèrent avec l’URSS un traité interdisant les essais atmosphériques, le Royaume-Uni et le France s’empressèrent de refuser d’apposer leurs paraphes.

 

Enfin, le vieux continent

 

En France, c’est à partir de la chute du cabinet Mollet en mai 1957 que les gouvernant se lancèrent dans la course : bien que l’O.N.U exprima son vif désaccord pour des raisons de non-prolifération, de Gaulle lança la première bombe française – A au plutonium - dans le désert algérien  de Reggan la plus importante bombe d’essai : trois fois plus puissante que la russe, l’américaine ou que la britannique. Par la suite, quelques dizaines d’essais souterrains furent entrepris au même endroit et dans le Hoggar jusqu’en 1966, date d’arrêt des expériences jusqu’aux essais sous J. Chirac.

La Chine communiste fut un temps aidé par l’URSS puis, par crainte d’une dérive militaire, le protocole d’accord au projet fut rompu et Mao dut mener à bien tout seul ses recherches. Le premier essai chinois, en 1964, exécuté dans les règles de l’art ne manqua pas d’ébahir les pays industrialisés.

Le Chancelier Adenauer, dans une lettre jointe au traité de L’Union de l’Europe Occidentale ( U.E.O. ), promet notamment que son pays ne produira pas de bombe atomique mais pourra s’engager dans le nucléaire civil. En 1970, ce traité fut considéré comme caduque par les autorités de RFA qui se mirent à exploiter de l’uranium dans leurs mines. Depuis, les Allemands n’ont jamais eu d’arsenal nucléaire et commencent, sous la direction du Chancelier Schroeder – sous la pression des Verts qui forment sa coalition - à se désengager de l’industrie nucléaire civile.

 

Et les autres pays

 

C’est dans un contexte de crise économique que l’Inde, sous la présidence de plus en plus controversée d’Indira Gandhi, fait exploser sa première bombe en 1974. Aucun service de renseignement ne s’était douté de la situation : les pays industrialisés sont ébahis : un second pays du Tiers-Monde a la bombe. L’inquiétude gagne les milieux politiques internationaux. Avec ce nouveau poids, elle envahit province du Sikkim est en 1975.

Le Pakistan, suite à un conflit territorial et à une intervention militaire indienne en décembre 1971, un nouveau gouvernement dirigé par le Premier Ministre Bhutto s’installe à Islamabad et décide, dans le plus grand secret, de lancer un programme de développement avec l’aide très discrète de la Chine qui a cœur de lutter contre l’influence indienne. Pendant les années 70, le Pakistan a acquis les technologies et a crée sa bombe. Ses premiers essais ne datent que de mai 1998 ( le 28 pour 5 essais et le 30 pour un de plus en concurrence avec son ennemi : l’Inde qui organisa 5 essais quelques semaines auparavant).

 

Israël est, quant à elle, toujours une puissance nucléaire non-déclarée. Elle n’a jamais effectué d’essais mais toute la communauté internationale sait qu’elle a développé avec l’aide de la France ses projets Jéricho I, II, et III ( pour le III, on ne sait pas si la France a aidé ).

Pour plus d’informations, voir le rapport de Carnegie ( en anglais ) sur http//www.ceip.org/programs/npp/Numbers/israel.html

 

Voir le site du CEA : http://www.cea.fr

 

 

 

 

 

2)Technique

Cette page contient toutes les informations et les réponses aux questions qui ont trait aux technologies et aux Concepts de base pour comprendre comment fonctionne une bombe atomique : CLIQUER ICI POUR OUVRIR LA PAGE

3) Les différents types de vecteurs

 Posséder une bombe A ou  H ne signifie absolument rien si l’on ne sait pas comment la transporter du lieu de départ à la cible. Il existe donc plusieurs types de vecteurs pour pouvoir les déplacer:

 

Types de transport de la charge

 

Types de Vecteurs

 

Aérien

 

Terrestre

 

Maritime

 

Spatial

 

 A propulsion non autonome

 

Missiles

 

Char atomique

( armée américaine)

Sous-Marin Nucléaire Lanceur d’Engins ( SNLE )

Système de défense IDS / Star Wars

 

Autonome

 

-

Miniaturisé

( terrorisme ou  champs de bataille )

 

-

 

Système anti-missiles

 

Largage

Bombardier stratégique & Chasseur

 

-

 

-

 

-

 

Missiles : Première arme des « Deux Grands », les  ICBM ( Missiles interbalistiques continentaux) ont été en réalité inventés par Von Braun sans qu’il ne le sache : les V1 et surtout les V2 étaient des missiles interbalistiques, il aurait suffit de mieux maîtriser la technique des combustibles pour pouvoir leur donner assez d’autonomie et ainsi toucher d’autres continents. Les ICBM furent les premières armes développés par les deux Grands, ce sont des V2 améliorés : missiles stratégiques sol-sol à longue portée ( > 5 500 Km ), ils ressemblent à la fusée lunaire de Tintin, Hergé s’en étant largement inspiré. Ils sont propulsés le plus souvent  par un moteur à propergol ( combustibles solides utilisés notamment pour la fusée Ariane ), ils contiennent dans leurs têtes la ou les charges nucléaires ayant  une portée comprise entre 8 000 et 13 000 KM et donc permettaient donc aux USA de viser l’URSS ________________. Les accord SALT I et II ont fait fondre les réserves américaines et russes.

Les IRBM (Intermediate Range Ballistic Missiles ) atteignent des cibles entre 1 800 et 5 500 km. Les euromissiles, les Pershing et SS 20 soviétiques en faisaient partie avant leur démantèlement.

Les MRBM (Medium Range Ballistic Missiles ) ont des portées comprises entre 180 et 1 800 km. Les accords SALT et le traité START 2 de réduction des armements stratégiques entraînent la destruction de la plupart d'entre eux.

Les missiles de croisière ont, quant à eux, révolutionné la stratégie nucléaire par leur capacité à voler à basse altitude sur plus de 1 500 à 2 000 km grâce à un guidage inertiel et une cartographie du terrain et de la cible en mémoire. Dotés de charges nucléaires ou conventionnelles, ils sont lancés par sous-marins nucléaires d'attaque, des navires de surface ou des bombardiers. Exemple : le Tomahawk ( hache de guerre en indien )

 

 

Le missile de croisière Tomahawk est conçu pour des frappes au sol. Il peut être lancé d'un avion, d'un navire ou d’un sous-marin.

Il comporte (de gauche à droite ) : une unité de guidage (argent ), une ogive (noir ), un réservoir à combustible (bleu ), une soute de contact moteur /combustible (vert ), un turbofan (argent ) et un booster (orange ). Dans sa version conventionnelle, il est un des plus efficaces de sa catégorie.

Utilisé au Kosovo et en Afghanistan ( sans charge nucléaire )

 

 

Le char atomique :  

Les Sous-Marins Lanceurs d‘Engins ( SNLE ) sont des sous-marins classiques ou à propulsion nucléaire qui ont la possibilité d’accueillir des torpilles mer-mer ou des missiles mer-air ( ex : les tomahawks ) contenant une charge. Vecteurs les plus discrets et les plus maniables, ils apparaissent comme les meilleures solutions. Les charges nucléaires sont transportées dans des missiles qui sont projetés hors de l’eau où ils deviennent des vrais missiles aérien mer-air, mer-mer ou mer-sol, ces missiles sont couramment appellés SRBM pour Submarine Range  Ballistic Missiles pour missiles balistique à portée sous-marine.

 

 

 

 

 Missile Mer-Air de classe Trident             ( USA : Fabrication Lockleed & Martin corp. ) lancé d’un SNLE américain.

 

Star Wars Project ou IDS [ Système de défense et non d’attaque ] il était destinée à détruire les missiles attaquant le territoire américain par un système de laser et de miroir : un laser sur Terre visait un miroir placé sur la plate-forme et celui-ci le reflétait sur le missile. Ce système défensif est le plus connu de tous : il a fait grand bruit quand Reagan voulu le mettre en place, les Russes tonnèrent pendant dix ans que ce système remettait en cause les traités SALT. Il a été abandonné en 1993.

Les systèmes autonomes sont les plus redoutables pour le terrorisme : un simple attaché-case ou un sac à dos peut refermer une bombe atomique dont la puissance pourrait raser facilement environ cinq arrondissements de Paris et tuer la population entière en contaminant le site. La miniaturisation extrême des armes nucléaire est parfaitement adaptée au terrorisme, aux champs de batailles ou aux sabotages, les contrôles classiques aux rayons X ne détectent pas encore ce type de contenu.

Les systèmes de défense anti-missiles ne porte pas de missile à charge nucléaire dans sa forme classique mais il peut gagner en efficacité si l’on  en dote. De nombreux modèles existent mais leur efficacité est toute variable : le système ABM que M. Bush souhaite déployer est presque parfait mais certains autres, notamment de fabrication russe, laissent passer certains missiles qui peuvent devenir menaçant pour les intérêts de l’attaqué.

Le bombardier stratégique est la meilleure solution pour transporter une arme largable, il n’est utilisé du fait de son prix que par les USA et la Russie. Pouvant transporter une importante quantité et invisible aux radars si furtif, il constitue un vecteur d’attaque autonome et très intéressant pour les pays très riches. Il est néanmoins très vulnérable si non furtif et il nécessite d ‘être placé sur une piste longue et placée à moins de 2 000 à 3 000 Km de sa cible, il ne peut être lancé d’un porte-avion. Certains types de chasseurs  très évolués permettent de transporter une charge mais son poids doit être réduit, la France possèdent quelques Mirages IV qui permettent de larguer ses bombes. L’inconvénient des chasseurs provient de leur logistique : pour un maximum d’efficacité, ils doivent être déplacés par un porte-avion. La France, bien qu’elle possède de nombreux chasseurs, a, espérons le, temporairement, quelques problèmes avec son Charles de Gaulle qui ne peut pas se déplacer, ni refroidir son réacteur, ni lancer de chasseur : la piste est trop courte…  

Un bombardier américain

Missiles chargés sous un bombardier

 

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