musicien



G L A S S H A R M O N I C A

O N D E S    M A R T E N O T

C R I S T A L    B A S C H E T



  .
LE GLASSHARMONICA
  .
Thomas Bloch, glassharmonica

Thomas Bloch et son glassharmonica




accueil

biographie


vidéo - mp3

discographie

glassharmonica

ondes martenot

cristal baschet


voix de cristal

composition

ensembles

studio

galerie

dossier de presse

liens


contact

anglais
Une brève histoire de l'instrument est suivie d'un texte plus long écrit par Thomas Bloch pour la pochette de son disque "Music for glassharmonica" paru chez Naxos (réf. 8.555295), puis d'un lien vers un article de neuf pages et du répertoire non exhautif des oeuvres composées pour l'instrument.

Il est possible d'entendre des extraits de ce disque et de voir plus de vidéos sur la page vidéos - mp3 de ce site.


  • Le glassharmonica en bref...

gravure

Cecilia Davies jouant pour

la Comtesse de Brionne
(coll. Thomas Bloch)
     Dès le IXe siècle, l'on frappait les verres avec des baguettes pour en tirer des sons. En 1743, l'irlandais Richard Puckeridge a l'idée de frotter le rebord de verres à pied posés sur une table, plus ou moins remplis d'eau afin de les accorder et appelle l'instrument seraphim (ou parfois verres musicaux - musical glasses et plus récemment harpe de verre - glassharfe).

     En 1761, Benjamin Franklin améliore le principe et met au point le glassharmonica (armonica de verre, en français, ou selon les pays : harmonica de verre, glas harmonica, glasharmonica, glass harmonica, orgue de verre, glassarmonica, glasharmonika, üveg-harmonika, organo de cristal, orgue de cristal, crystal organ, armonica de cristal, harmonika szklana...).

    Il est formé d'un nombre variable de bols en cristal, en verre ou en quartz, soufflés par un maître-verrier, généralement entre 20 et 54. Le modèle de concert courant compte 37 bols (trois octaves). Leurs diamètres déterminent la fréquence (la hauteur de la note). Un bouchon en liège percé est placé en leurs fonds. Ils sont enfilés sur un axe métallique, emboîtés les uns dans les autres, sans se toucher, chromatiquement. Mis en rotation à l'aide d'une pédale ou d'un petit moteur électrique, l'interprète en frotte les rebords avec ses doigts mouillés pour les faire "chanter".

     Le glassharmonica fut interdit par un décret de police dans certaines villes d'Allemagne et disparut vers 1835. Parmi les raisons invoquées : ses sons font hurler les animaux, provoquent des accouchements prématurés, abattent l'homme le plus robuste en moins d'une heure (selon un dictionnaire médical de 1804) et sucitent la folie des interprètes (sans doute le saturnisme, le cristal étant composé de 24% de plomb et la peinture disposée sur certains verres, pour repérer les "touches" noires, contenant également ce matériau à l'époque). Pourtant, Paganini en parle comme d'un "orgue angélique", Marie Antoinette en joua, le docteur Franz Anton Mesmer s'en servit pour relaxer ses patients avant de les soigner (de la musique new age... avant l'heure), Mozart Beethoven, C.P.E. Bach, Donizetti et R. Strauss composèrent pour lui et des auteurs comme Goethe ou Chateaubriand le louèrent.

     Le maître verrier Gerhard Finkenbeiner le redécouvrit dans les années 1960 et en repris la fabrication à partir de 1982.

      Thomas Bloch joue ses instruments (en 442 et en 430 Hz) et est l'un des très rares glassharmonicistes professionnels au monde.
Mains glassharmonica


Thomas Bloch
joue son glassharmonica
réalisé par Gerhard Finkenbeiner






Thomas Bloch joue un extrait du Rondo K.671 (quintette) de Mozart
 

Thomas Bloch joue le Commodetto de Karl Leopold Roellig
 




  • Le glassharmonica
par Thomas Bloch

copyright Thomas Bloch / Naxos, 2001
extrait de la pochette du disque de 
Thomas Bloch "Music for Glass Harmonica" (réf.: Naxos 8.555295)


glassharmonica seul


Le glassharmonica de Thomas Bloch
réalisé par
Gerhard Finkenbeiner
     Déjà connu des Perses, des Chinois (Shui Chan), des Japonais (Hi) et des Arabes (le Tusut est cité en 1406), le principe des bols plus ou moins remplis d’eau pour en faire varier la hauteur du son subit une mutation déterminante lorsqu’en 1743, l’Irlandais Richard Puckeridge imagine non plus de les frapper avec des baguettes, mais d’en frotter les rebords avec les doigts mouillés. Les verres étaient alors posés sur une table. Benjamin Franklin découvre cet instrument dénommé orgue angélique, puis plus tard verres musicaux, seraphim ou harpe de verre - dont le compositeur Glück joue - à l’occasion d’un concert donné par le virtuose anglais Delaval.

     Benjamin Franklin, fasciné par "le son doux et pur" des verres musicaux, y apporte des modifications afin d’en augmenter les performances. Il présente ces améliorations dans une lettre adressée au professeur Beccaria, de Turin, en 1762 et baptise l’instrument glass harmonica (ou armonica de verre, en français) en raison de la nature harmonieuse de ses sons. Benjamin Franklin fait souffler des verres de différents diamètres correspondant chacun à une note, au lieu de les remplir d’eau et les emboite chromatiquement, sans qu’ils se touchent, sur un axe horizontal dont la rotation est assurée par une pédale. Il est alors permis de jouer des accords complexes et d’obtenir une virtuosité plus grande.

      De nombreux instruments dérivés voient le jour jusqu’à aujourd’hui: mélodion, eumélia, clavicylindre, transponierharmonica, sticcardo pastorale, spirafina, instrument de Parnasse, glasharfe, piano harmonica (de Tobias Schmidt qui construisit la première guillotine…), uranion, hydrodaktulopsychicharmonica, pour n’en citer que quelques un.


      Le glass harmonica est très populaire dès son invention. On répertorie ainsi à ce jour 400 oeuvres composées pour lui, seul ou en ensemble (deux oeuvres de Mozart dont sa dernière de musique de chambre, Beethoven, Donizetti, C.P.E. Bach, Hasse, Reicha...). De plus, on avance, sans certitude, le chiffre de 2000 instruments fabriqués pendant les 70 ans que dure son existence.

     Adoré ou detesté, l’instrument suscite quelques passions. Si Paganini déclare "quelle céleste voix", si Thomas Jefferson témoigne que l’armonica est "le plus grand présent offert au monde musical de ce siècle" ou que Goethe, Mozart, Jean Paul, Hasse et Théophile Gautier le louent, un dictionnaire instrumental affirme que ses sons "sont d’une douceur presque céleste, mais (…) peuvent causer des spasmes". Un " Traité des effets de la musique sur le corps humain" (J.M. Roger en 1803) renchérit : "son timbre mélancolique nous plonge dans un profond abattement (…) au point que l’homme le plus robuste ne saurait l’entendre pendant une heure sans se trouver mal".
sketch K617
Esquisse manuscrite de Mozart (1791) présentant les principaux thèmes
de
l'Adagio et Rondo K617
pour armonica, flûte, hautbois, alto et violoncelle

glassharmonica de Franklin

L'Armonica
selon la 2ème publication
italienne de la lettre de Benjamin Franklin
à l'abbé Beccaria
(1762)
      De plus, un certain nombre d’interprètes finissent dans des hopitaux psychiatriques dont l’une des plus réputées, Marianne Davies. Dans sa "Méthode pour apprendre soi même l’Armonica" (1788), J.C. Müller répond aux détracteurs : "il est vrai que l’armonica produit des effets extraordinaires sur les gens (…). Si tu es enervé ou si tu es troublé par de mauvaises nouvelles, des amis voire une amie décevante, abstiens toi d’en jouer, cela ne ferait qu’accroitre ton trouble".

     L’armonica est accusé de tous les maux : troubles nerveux et même mortels, scènes de ménage, accouchements prématurés et convulsions des animaux. Un décret de police interdit même l’instrument dans une ville allemande pour nuisance à la santé et à l‘ordre public. En effet, un enfant est mort pendant un concert. Franz Anton Mesmer, médecin installé a Vienne, connu pour ses expériences diverses (le mesmérisme) et pour avoir employé l’hypnose dans le traitement de ses patients, conditionne ces derniers en leur jouant du glass harmonica. Il est chassé de sa ville après avoir rendu la vue à une pianiste aveugle, Marie Paradies, mais au détriment de sa santé mentale. Cet épisode et la rumeur contribuent à la disparition de l’armonica, dont on parle, dès 1829, comme "l’accessoire à la mode des parloirs et des salons".

     Bien que Röllig tente d’y adjoindre un clavier afin d’éviter le contact présumé nocif des doigts sur les verres en cristal, peu de compositeurs s’intéressent ensuite à l’instrument. Sa sonorité délicate et sa fragilité ne les incitent plus à l’employer avec un orchestre devenant de plus en plus sonore. Deux exceptions notables: Lucia di Lammermoor (1835) de Donizetti (air de la folie !…) où il est rapidement remplacé par deux flûtes et Die Frau ohne Schatten (1914 - 1917) de Richard Strauss.

   C’est en grande partie grâce à un interprète allemand, Bruno Hoffmann, qui joue sur une glasharfe (verres posés sur une table) et non sur un glass harmonica et à un maître verrier d’origine allemande installé près de Boston, Gerhard Finkenbeiner, qu’une nouvelle génération d’interprètes, de compositeurs et de facteurs d’instruments a redécouvert, depuis 1982, l’armonica de verre. Depuis, un nouveau répertoire est né et l'instrument est également employé dans la musique de film et la chanson (Björk, Tom Waits, Damon Albarn / Gorillaz, Amadeus et Vol au dessus d'un nid de coucou de Milos Forman, La Marche de l'Empereur...).

     Gerhard Finkenbeiner (1930 - 1999) et aujourd'hui son associé, Tom Hession, emploient le quartz. Le matériau se présente, lorsqu’il arrive sur le tour à chauffe du maître verr ier, sous la forme d’un long cylindre. Chauffé, soufflé à haute température (1700°), divisé en sphères coupées en leur milieu afin d’obtenir deux bols, le quartz est immergé dans de l’acide hydrofluorique qui en modifie l’épaisseur. Un accord plus fin est alors obtenu.

    Au XVIIIè siècle, c’est le cristal, composé à 40% de plomb, que les facteurs utilisaient. Une meule d’émeri permettait d’user ou d’accorder les verres. Diminuer la profondeur permettait de hausser l’intonation. Les couleurs de l’arc-en-ciel coloraient parfois les verres, indiquant les sept degrés diatoniques, tandis que le noir était reservé aux notes altérées. Gerhard Finkenbeiner utilise la transparence et emploie l’or, comme Röllig au XVIIIè siècle, pour colorer le rebord des verres qui correspondent aux touches noires du clavier.
Gerhard Finkenbeiner

Gerhard Finkenbeiner

(1930-1999)

Angelika Kaufmann

Angelica Kaufmann jouant le glassharmonica

(gravure de la collection Thomas Bloch)
     Le glass harmonica fait partie de la famille des instruments autophones frottés. Le principe de mise en vibration des verres est dit de "relaxation": lorsque le bol est frotté, le doigt accroche et décroche successivement. Ce mouvement produit une série d’impulsions qui le mettent en vibration. Le processus est très complexe et le talent du maître verrier personnalise l’instrument. En effet, de nombreux paramètres entrent en jeu, modifiant le timbre, le mode et la composition harmonique des bols. Ainsi, deux verres donnant à entendre la même note pourront avoir un timbre différent selon leur matériau, leur forme, leur épaisseur, leur dimension ou leurs vices cachés.

     Si l’on a coutume de dire que les sons et les bruits sont intimement liés à une époque, il serait certainement intéressant de chercher les causes qui conduisent aujourd'hui à la renaissance de l’armonica de verre et à la passion qu’il semble à nouveau susciter. Peut-être sont-elles simplement liées à cette exigence qui guide actuellement les pas des musicologues et des interprètes dans leur quête d’authenticité.

    Quoiqu’il en soit, faisons écho aux paroles que chante Lucia di Lammermoor : Un’ armonia celeste, di’, non ascolti ? ("N’entends-tu pas une harmonie céleste ?").



POUR EN SAVOIR PLUS, UN ARTICLE TRES DETAILLE  :  LA RENAISSANCE DU GLASSHARMONICA
Neuf pages scannées d'un article de Thomas Bloch pour la revue Crescendo en 1991





Thomas Bloch joue le Rondeau pour glassharmonica et orchestre

de J.F. Reichardt avec l'orchestre UANL de Monterrey (dir. Félix Carrasco)
 

Thomas Bloch joue l'Allemande de la 1ère Suite
de J.J.S von Holt Sombach 
 



  • Répertoire  (liste non exhaustive)

400 oeuvres furent composées pour le glassharmonica entre 1761 et 1835 ainsi qu'en 1917.
Aujourd'hui, les compositeurs le redécouvrent et l'emploient dans des domaines très divers : danse, chanson, musique de film, théâtre, musique contemporaine, spectacles...


D.A. von APELL
: Cantata Il trionfo della musica  glassh., 3 voix, harpe.
C.P.E. BACH
: Sonata H.643  glassh., violoncelle - Sonatina H.491  glassh., 2 violons, vlc - Sonatina  glassh., 2 vls, alto, vlc
L. van BEETHOVEN
: Melodram (Leonore Prohaska)  glassh. solo et voix parlée.
G. BIZET / F. HALEVY
: Noé  opéra en 3 actes
G. DONIZETTI
: Lucia di Lammermoor : scena della pazzia (air de la folie)  soprano, choeur, orchestre et glassh.
C. ESPEJO : Deux pièces dans le style ancien  glassh. et alto (ou violoncelle).
J.A.HASSE / METASTASIO : Cantata "L'Armonica" : Ah, perche  soprano (ou sopraniste), glassh. et petit orchestre.
J.J.S. von HOLT SOMBACH
: Adagio  glassharmonica et quatuor à cordes - 1ère suite  glassh. solo - Concerto ...
E. MEHUL
: Konzerstück  glassh. et harpe
W.A. MOZART
: Adagio und Rondo K.617  glassh., flûte, hautbois, alto, violoncelle - Adagio K.617 a (K.356) glassh.
W.A. MOZART / G.F. HAENDEL
: Hercules  oratorio (orchestration attribuée à Mozart)
J.G. NAUMANN
: 12 sonates  glassh. solo - quartet  glassh, flûte, alto et violoncelle  ...
A. REICHA
: grand solo  glassh. et orchestre - Johanna d'Arc  glassh., voix parlée et orchestre  ...
J.F. REICHARDT
: Rondeau  glassh., quatuor à cordes et contrebasse - Herkules Tod  glassh. et voix parlée  ...
K.L. ROLLIG
: Aria  glassh., soprano et orchestre - 3 concertos  glassh. et orchestre - Kleine Tonstücke  glassh solo  ...
J.A.P. SCHULZ : Largo  glassh. solo
R. STRAUSS : Die Frau ohne Schatten (la femme sans ombre)  voix soliste, choeur, orchestre et glassh.
V.J. TOMASEK
: Fantaisie  glassh. solo
J.B. VANHAL
: Theme und Variationen  glassh. solo

Oeuvres récentes de Jan Erik MIKALSEN, Cyril MORIN, Jonathan KEREN, Emilie SIMON, Damon ALBARN, Tom WAITS, David COULTER, Michel LYSIGHT, Denis BORTEK, Thomas BLOCH, Tristan Patrice CHALLULAU, Bruno GOUSSET, Paul JOTHY, Vadim LARCHIKOV, Henri LASSERRE, Henk van der MEULEN, Etienne ROLIN, Philippe SARDE, Olivier TOUCHARD, Bernard WISSON, Stefano GIANNOTTI, Michel REDOLFI, Régis CAMPO, Pedro GUAJARDO, Vladimir TOSIC, Irinel ANGHEL, R. SHIELDS, Giorgio SOLLAZZI, Massimo GRAZIATO, Joseph KLEIN, John KEFFALA KERR, Paul EARLS, Frédérique LAGNAU, Orlando J. GARCIA...





Thomas Bloch joue et parle du glassharmonica dans un documentaire
 





Thomas Bloch, glass harmonica

Thomas Bloch
au glassharmonica
Franklin and glassharmonica

Benjamin Franklin (1706-1790)
jouant le glassharmonica, par Alan Foster, 1926
(couverture de Etude Magazine, janvier 1927)

Thomas Bloch, glassharmonica

Thomas Bloch
et son glassharmonica
 
 


    écrire à Thomas Bloch