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La Haute Couture
"Si les années 20 étaient des années "folles", baignées d'optimisme, les années 30 étaient plus angoissées en raison des événements dont le détonateur fut le Crash boursier de New York de 1929 qui atteint la France 2 ans après.C'est alors la crise économique, le chômage qui s'abat, la montée du fascisme, les inquiétudes d'une nouvelle guerre alors qu'on a pas encore tiré les leçons de la précédente toute proche.
Malgré tout, et dans la foulée des années 20, les artistes tentent de conjurer le sort par leurs créations, leur originalité. La mode, la haute couture, qui est aussi un art à part entière, participe à ce mouvement ; les années trente sont une des grandes étapes de la mode féminine.
Grâce à la floraison d'un grand nombre de maisons de couture ( à la veille des années trente, la haute couture emploie 35.000 ouvriers et 15.000 artisans ), c'est le retour de l'élégance féminine, avec une mode inventive, créative, inspirée qui confine au raffinement, une mode marquée par la modernité, par le luxe également et la qualité. Car les couturiers s'adressent d'abord à une clientèle aisée...
La Haute Couture ne s'est jamais démocratisée.
52 - a) robe du soir en panne de velours noir et blanc, incrustation en damier, Jeanne Lanvin, Hiver 1935/1936. (coll. UCAD) b) robe du soir entièrement brodée sur tulle de paillettes bicolores, vers 1925. L'opposition de couleurs dessine un faux décolleté en V. (coll. UCAD) A droite, en 1925, la robe du soir est courte, droite, d'une construction simplifiée qui s'efface sous la richesse - et le poids - de l'ornementation. Elle dissimule la poitrine, la taille et les hanches et dénude le cou, les bras et la jambes. Dix ans plus tard, la robe du soir est longue. L'emploi de matériaux légers et une construction à la fois savante et discrète, procurent à cette robe moulante une extrême fluidité.
Musée du textile et de la mode.Paris
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Parmi les créateurs et les acteurs incontournables de cette Haute Couture, Jeanne LANVIN, Mademoiselle CHANEL  qui créa un style indémodable, le très romantique MOLYNEUX, le chic et l'élégance de JEAN PATOU  , ELSA SCHIAPARELLI  rivale de charme, délicate et inventive, WORTH plus traditionaliste, MADELEINE VIONNET, PAUL POIRET, JACQUES HEIM qui tente de démocratiser la mode, LUCIEN LELONG, ROBERT PIGUET inspirateur de la jeune génération qui monte, celle de DIOR et de BALMAIN notamment.La Haute Couture fait les beaux-jours de revues spécialisées, des photographes qui se spécialiseront ensuite, des dessinateurs ( Gruau
, Capiello
)et des mannequins. Les mannequins posent devant de belles voitures de luxe et participent aux concours d'élégance automobile ; on se montre dans les soirées et réceptions ou mêmes aux courses.
En ces années 30, la femme est belle, élégante et moderne. La coiffure, les chapeaux variés, l'art du maquillage, les accessoires (gants, sacs,...) tout est raffiné, parfois somptueux.
53 - a) Robe du soir en crêpe marocain de soie, Vionnet, Hiver 1935/1936. Le corsage, drapé assymétriquement, est composé de deux pans enroulés ensemble dans le dos dont l'un forme la bretelle de gauche. (coll. UFAC) b) Pyjama du soir en crêpe marocain de soie, Augustabernard, vers 1930 Apparu dans le courant des années 1920, le pyjama de plage devient au cours des années 1930 un élément essentiel de la garde-robe estivale sur la côte d'Azur. (coll. UFAC) c) Ensemble du soir, robe fourreau longue et cape courte, en satin de soie lamé argent brodé de perles or, Mainbocher, 1936. (coll. UFAC) d) Robe du soir en dentelle (rouge), Chanel, vers 1930. (coll. UFAC)
Musée du textile et de la mode.Paris
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Dès 1929, JEAN PATOU et L. LELONG, lancent la mode des robes longues, qui suscitent quelques interrogations, mais elles sont si belles, terriblement "classes" comme on dit aujourd'hui . Alors on la portera en robe du soir pour la ville, ce sera la jupe à la cheville, la robe qui mettra en valeur les mouvements et les formes, sans entraver le corps ; on aura des robes d'une grande fluidité, des drapés suggestifs ; on rencontrera des robes de velours amples et câlines, des cols carrés, en V ou des cols collégiennes, de ravissants boléros, des tissus extraordinaires.
Dieu que la femme était belle dans ces années là... belle, élégante et désirable !!"
(source  : http://www.aci-multimedia.net/feminin/mode_trente.htm)
Attention, les surréalistes sont là!
1930. Une ribambelle de zigotos géniaux viennent revamper l'art de l'illustration. Salvador Dali, Marcel Vertès, Cassandre. Les théories du Bauhaus leur ont enseigné que tout ce que l'homme crée est de l'art. 
Et ils l'avaient compris. L'illustration, sous leurs pinceaux, atteindra des sommets d'esthétique et de raffinement.Les fonctions utilitaires et commerciales d'un vêtement ne les intéressaient nullement. Leur but était de les hausser au statut d'oeuvres d'art, absolument irrationnelles, détournées de leur emploi premier, surréalistes quoi! (On n'a qu'à penser aux chapeaux en forme de soulier, d'encrier ou de côtelette d'Elsa Schiaparelli!). Le surréaliste le plus féru de mode était, sans contredit, Salvador Dali. Que ce soit pour les couvertures des magazines Vogue, Harper's Bazaar (entre 1938 et 1957), pour des publicités de bas ou pour celles des magasins Bergdorf Goodman, il a porté l'illustration à son faîte. Marcel Vertès, un Français d'origine hongroise a, quant à lui, illustré la plupart des créations d'Elsa Schiaparelli.
Et enfin, Cassandre délaissait parfois les dessins de paquebot pour enjoliver les couvertures du magazine Harper's Bazaar. L'illustration pouvait-elle atteindre des sommets artistiques plus vertigineux? Eh oui
(source  http://www.canoe.fr/Femmes/Mode/2205_illustre_c-can.html)
Des associations célèbres comme Raoul Dufy avec Paul Poiret de 1912 à 1939 ou Dali et Elsa Schiaparelli ont apporté un renouveau à la mode. La plus célèbre, Sonia Delauney - Terk, avec ses designs géométriques simultanés (art déco), a accompli pour d’autres motifs ce qui se tramait durant le XIXe siècle, soit l’art qui fait la mode.C’est le mouvement surréaliste qui réunit le mouvement néo-romantique de la fin des années 1930 (source  http://www.er.uqam.ca/nobel/critique/pages/tir.html#8 )
47 - dessin à l'encre sur papier, rehauts de gouache robe du soir d'Elsa Schiaparelli, Hiver 1938 - 1939 à rayures bayadères fuchsia et noir. (coll. UFAC)
http://www.ucad.fr/mmt/graphics/photos/serie50.html , union centrale des arts decoratifs, musée de la mode et du textile, archives photographiques 
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Après avoir gommé les formes, au temps du charleston, l'élégance féminine des années trente revalorise le corps.En 1934, la maison Alix ( qui sera plus tard connue sous le nom de Madame Grès ) est fondée.La fin de la décennie voit les robes raccourcir une fois de plus, mais cependant pas autant qu'au cours des années vingt, car on s'arrête alors juste au dessus du genou.
La veille des années quarante, deux maison prestigieuses ferment leur porte : Vionnet et Chanel. Après Lanvin, Vionnet et Chanel, Elsa Schiaparelli vient compléter le carrée gagnant de la couture parisienne.
Roger Vivier, le bottier de la haute couture.
Roger Vivier bottier de la haute couture, du gotha et des stars, est décédé à Toulouse en 1998. Cet orfèvre de la chaussure a inventé, entre autres, le talon aiguille et le talon incurvé à l'intérieur. Né à Paris en 1907, il a commencé sa carrière en faisant de la figuration au théâtre de Belleville. En 1926, il décide de se consacrer au dessin de souliers et sa rencontre avec le décorateur de théâtre autrichien Paul Seltenhammer est décisive : il crée ses premiers modèles pour Minstinguett et Joséphine Baker.En 1937, il ouvre son premier magasin rue Royale à Paris et travaille pour Elsa Shiaparelli.(source  http://www.esensuel.com/basvoile/bvhistchaussure.htm)
Gabrielle Chanel apporta une toute nouvelle liberté aux femmes. Son influence sur la mode a duré plus de cinquante ans, ce qui est un exploit unique dans ce domaine. Après la Première guerre mondiale, elle vint à Paris et obtint un succès rapide. Elle fut la première à utiliser de nouvelles étoffes comme le jersey. En 1930, elle avait plus de 2400 employés et en 1935, elle ouvrit une fabrique de jersey. Le plus célèbre parfum du monde, Chanel 5, fut lancé en 1925. Contrairement à Poiret, Coco Chanel était contente que ses créations soient copiées.
 Paris dominait la scène de la mode. Entre les deux guerres mondiales, de nouveaux couturiers apparurent: Vionnet, dont on disait que c'était une architecte parmi les couturiers et dont l'influence se fit sentir pendant vingt ans ; Jean Patou, dont une des premières collections fut achetée entièrement par un magasin de New York et qui fit venir à Paris les premières mannequins américaines en 1924. Avec le krach de Wall Street en 1929, la haute couture parisienne connut de graves difficultés. En 1925 elle avait été la deuxième industrie d'exportation française, mais se retrouva au 27ème rang en 1933. Dans les années trente, la mode commença à devenir plus internationale et des couturiers étrangers arrivèrent à Paris. Parmi eux, l'Irlandais Edward Molyneux, l'Espagnol Christobal Balenciaga, et Elsa Schiaparelli, une Italienne, qui mettait de l'exotisme dans la mode. Elle travaillait avec des artistes comme Salvador Dali et elle fut la première à ouvrir une boutique qui servit de modèle pour ce que presque tous les couturiers allaient faire vingt-cinq ans plus tard. Au début des années trente, Mademoiselle Chanel est au sommet de sa gloire.
(http://www.helsinki.fi/jarj/lnm/296mode.html )
http://www.france2.fr/mode/siecle/chanel.htm
http://www.afaa.asso.fr/c-18/18-a012-.htm
Elsa Schiaparelli ( http://www.afaa.asso.fr/c-18/18-a018a.htm)
45 - Manteau du soir, long d'Elsa Schiaparelli, Automne/Hiver 1938/1939. Drap noir, garni de six poches de velours rose brodées de petites fleurs en porcelaine blanche. (coll. UFAC)
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46 - veste du soir d'Elsa Schiaparelli, Printemps 1938 velours de soie brodé de fils métalliques, de perles et de strass. Broderies de Lesage. (coll. UFAC)
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LESAGE 
De père en fils
Avec la crise de 1929, la couture entame sa traversée du désert. Mais une autre bonne fée surgit. Elsa Schiaparelli effeuille, vers 1934, la morosité ambiante d'un grand souffle d'humour et d'imagination. Brodant ses gilets de signes astraux en lames d'or et d'argent, ses redingotes avec des marrons d'automne en strass et vison, Albert Lesage est le démiurge de ses fantaisies. Même la guerre ne l'arrête pas. Aux heures sombres, Lesage brode des coquilles de moules, envoie François, son fils, en Californie, où l'atelier qu'il a ouvert sur Sunset Boulevard, brode pour les stars d'Hollywood.
(source : http://www.lesage-paris.com/html/historique_fr.html;http://www.france.diplomatie.fr/label_france/FRANCE/DOSSIER/MODE/les.html)
Voir aussi Balanciaga  , 
Bijoux et parfumerie
En forme de sac à main, de collier de perles, de bague, ces flacons de l'entre-deux-guerre illustrent le goût de l'époque pour les reproductions fidèles, très prisées en France.
La plus extraordinaire présentation de la Maison Delettrez est sans doute celle de son Parfum XXIII, faux collier composé de treize perles de taille décroissante, dont onze sont des flacons placés à l'envers, leurs cols bouchés de peau blanche se logeant dans un orifice pratiqué dans le fond de la boîte, les deux petites perles extrêmes étant factices. Ce modèle s'inspire de celui créé par Paul Heymann en 1927, pour le Collier Miraculeux de Marcy.
L'ensemble présente une finition nacrée, inventée par André Jolivet après la Première Guerre Mondiale, faisant appel à l'utilisation d'un dérivé d'écailles de hareng. Des matériaux imitant les perles existaient déjà, mais ce produit synthétique donne des résultats à la fois plus réalistes et plus résistants, à l'origine d'un regain d'intérêt pour ces sortes de finitions opaques.
En 1938 la maison new-yorkaise VARVA lance suivez-moi présenté comme une bague portant une grosse perle. Le flacon nacré est placé à l'envers dans le chaton d'un anneau, argenté, celui-ci étant enchâssé dans le velours de l'encrier.
La mode au quotidien
La fin des années vingt, influencée par le romantisme, voit apparaître une silhouette plus structurée. En ville, l'homme porte un complet-veston et un pardessus et , le soir, il enfile un smocking. En 1933, la commercialisation du latex (fil de caoutchouc) va révolutionner la fabrication des sous-vêtements. En 1937, la société Dupont de Nemours dépose un brevet pour le nylon.
les chapeaux
"Voici une deuxième saison de chapeaux : les modèles d'automne sont là!
Ce qui nous procure toujours autant d'émerveillement et ce petit brin d'amusement à la découverte des trésors d'imaginations déployés par les modistes.
A chaque chapeau son caractère : sophistiqué, audacieux, distingué ou confortable,à assortir avec la tête qui le portera! "
Modèle Blanche Robert,
toque de velours noir, entièrement piqué; noeud assorti, doublé de rose.
Le Petit Echo de la Mode, 22 octobre 1933
Les enfants ne sont pas oubliés....
Le journal, Le Petit Echo de la Mode, était le reflet des tendances du moment. Découvrez des modèles sur le site "netmadame.free.fr/hiermadame/"
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"C'est vers 1850 que la haute couture française a vu le jour grâce à un Anglais : Charles Fréderick Worth. Dix ans plus tard, associé à Bobergh, il devient célèbre en qualité de couturier officiel de l'impératrice Eugénie, la femme la plus élégante alors de l'Europe.Il est l'auteur d'innovations révolutionnaires comme, entre autres, la taille au niveau des hanches et la diminution de la longueur des vêtements qui balayaient le sol depuis 1830...car à la fin du XIXè siècle, la pointe des pieds était la seule partie visible du corps..."  Un siècle de mode.
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