Tissages Métisses
PUBLICATION / Ces amours métisses d'Etoiles d'Encre
La revue littéraire des femmes de la Méditerranée, Etoiles d'Encre, consacre son second numéro Tissages Métisses à celles, si nombreuses, à avoir fait «le choix d'un tissage métisse par leurs histoires et leurs choix respectifs», dira dans la préface Dominique Le Boucher, écrivaine et collaboratrice active de la revue.
Dans cette Scène de papier, offerte par les éditions du Chèvrefeuille étoilée, s'accomplissent des destinées de femmes déchirées entre deux rives, entre un amour étranger et «une loi ancestrale qui tend à l'unique et au même». Des témoignages poignants se donnent à lire, entre deux poèmes, à travers lesquels transparaît le courage de celles qui ont su forcer «les barreaux de la cage universelle» afin de se laisser glisser sur la pente naturelle de leur désir de vie et d'amour. Les douze chapitres de la revue, animée par Behja Traversac et publiée en Algérie par l'association Parole et Ecriture de Maïssa Bey, recèlent des nouvelles, des réflexions, des contributions d'écrivaines telles que Hélène Cixous, Maïssa Bey, Dominique Le Boucher ou Ghania Hammadou. lls contiennent également des témoignages de femmes, de simples anonymes décrivant, tel qu'elles l'ont vécu, les multiples facettes de l'aventure féminine qui mène vers l'accomplissement de soi et relatant des amours étrangères où elles se sont épanouies ou, au contraire, anéanties. En somme, Tissages métisses mêlent des cris de béatitude à des soupirs de désolation avec une sensibilité dont seule une femme est capable. On y lira également une pertinente analyse de Nora Aceval sur Dabad chakarkar, un conte populaire que l'universitaire fera ressurgir d'une lointaine et profonde Algérie pour le dépoussiérer et nous l'offrir à comprendre, ainsi qu'une excellente critique de l'œuvre de Dominique Le Boucher Par la queue des diables, parue chez L'Harmattan en 1997. Critique réalisée par la spécialiste de la littérature maghrébine Christiane Chaulet Achour. La revue fait également parler les deux écrivaines Hélène Cixous et Ourida Nemmiche sur leurs œuvres respectives et, pour finir, se penche sur la poésie des femmes palestiniennes. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la littérature, à lire expressément.
Par Monia Zergane