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Tres de Mayo, Un roman historique
Le thème de la guerre civile espagnole est encore suffisamment vif dans les consciences pour qu'il paraisse nécessaire de préciser que Tres de Mayo est avant tout un roman historique. Comme l'auteur se plaît à le répéter elle-même, elle n'est en aucun cas historienne. Son but n'était pas de décrire l'Histoire, mais l'histoire d'une femme, Murcia, enrôlée contre son gré, dans la tourmente d'une guerre civile qui allait déchirer tout un pays et des milliers de famille.
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Les historiens trouveront peut-être quelques infidélités à l'Histoire. Quant aux "Grands" acteurs historiques, le problème n'est pas qu'ils aient ou non commis les actes que l'auteur leur attribue dans le roman, mais simplement qu'ils aient participé à cette période de l'Histoire . Les férus d'exactitudes historiques ne trouveront pas là leur bonheur. Cependant, Tres de Mayo propose au lecteur une grande fresque dans la plus pure tradition du genre, et il en faut très peu pour que,rapidement, on s'identifie à ses héros.
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Synopsis du roman
Après avoir eu son mari et son fils tués durant la guerre d' Espagne, dans l'île de Mallorque où elle vit depuis toujours, Murcia Gracia i Alfabia se retrouve prise entre une partie de sa famille penchant plutôt du côté des franquistes, tandis que certains autres soutiennent les diverses tendances de la gauche espagnole, et son propre cheminement au coeur des méandres de la guerre. Son engagement politique la désigne comme la bête à abattre. "Tutti i rossi fusilati" proclame Rossi. Murcia décide d'échapper à la terreur que fait régner dans l'île, le Conde Rossi mandaté sur place par Mussolini. Elle se réfugie avec ses enfants chez sa soeur, pourtant mariée à un aristocrate. Elle continue cependant sa lutte antifasciste et continue à rencontrer des républicains du P.O.U.M. Arrêtée par Rossi, puis échangée contre un militaire nationaliste, transférée à Barcelone, Murcia se retrouve confrontée à la dictature stalinienne....
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Extraits de Tres de Mayo
Les premières pages de Tres de Mayo
Découvrez l'auteur
Entretien avec Michèle Juan i Cortada
Bibliographie
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des éditions Chèvre-feuille étoilée
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Le livre
“ Antoni Fontana, docteur en médecine, est allongé sur une chaise conçue par Le Corbusier. Il contemple, satisfait, le tableau qu'il vient d'acquérir pour une somme fabuleuse.
Le personnage du tableau le fascine. L'éclat, la pureté du regard, sa grâce jusqu'au bout des ongles, le ravissent.
La jeune femme porte une main à ses cheveux sombres. Elle appuie l'autre sur sa cuisse, que l'on devine à travers une robe de gaze.
Antoni Fontana ne quitte pas des yeux ces mains aux ongles roses. Ce portrait appartient à la série 'Aux ongles roses' et s'intitule : 'La femme aux ongles roses. En été'. ”
Si elle écrit parfaitement en français dans une langue qui ne laisse pas place à la lenteur du rythme, une langue haletante, Michèle Juan i Cortada pense et rêve en catalan. Sa langue d'héritage et d'origine. Les associations étranges et les images audacieuses qui inscrivent au long du récit une poésie nerveuse et rauque, un souffle venu de la Catalogne, sont là pour nous rappeler que l'Espagne aussi bien que le Maghreb a nourri notre écriture de mots sonores et de tournures lumineuses. Et que notre langue est, comme toutes les langues résolument vivantes, un métissage réussi.
Et puis, il y a ce parti pris totalement féminin de l'héroïne de faire passer la vie avant la force de l'histoire, de privilégier l'instant au temps, d'aimer avant tout et par-dessus tout. Murcia, un personnage que Goya aurait aimé comme il aima la Duchesse d'Albe. Une de celles qui aurait pu poser pour 'La femme aux ongles roses'.
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