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      LE RICHE ET LE PAUVRE                                                                                

    Le sujet

    Dans l'ancien testament, Dieu reproche au roi  David d'avoir convoité Bethsabée, la femme de Urie le Hittite, officier des armées royales d'Israël. Cependant, cette affaire va servir Dieu pour guider le destin de Jésus, puisque la lignée du royaume de David est attachée au Messie Rédempteur des enfants d'Israël.
     

    Après avoir couché avec Bethsabée, la femme d'Urie, David n'a pu faire endosser sur le mari la paternité de son fils. Pour se débarrasser de ce mari génant, il décide donc de précipiter sa mort en ordonnant à ses vassaux de l'envoyer combattre au plus fort de la mêlée. Le roi épousa la veuve Bethsabée, s'appropriant ainsi par autorité royale la femme de l'officier qu'il avait envoyé à la mort. Dans la suite de cet exposé, nous allons mieux comprendre pourquoi le sort du roi ne saurait être séparé de celui de son peuple.

    Le problème

    La sagesse, l'humilité et la bonté de notre humanité, nous incite généralement à ne pas juger sans compassion la faiblesse de nos sentiments amoureux. Doté d'intelligence, de sagesse et de conseil en vertu de l'esprit divin qui reposait sur lui, le roi David était également juge en Israël puisqu'il était porteur d'un grand espoir messianique à l'égard du peuple de l'exode. Il a donc commis un crime odieux, outrepassant son droit et usant de son pouvoir d'autorité pour mettre à mort un homme qui le servait loyalement. Un homme qui dérangeait, à son insu, la cause sentimentale d'un amour interdit.

    En calculant un plan mortel pour s'approprier la femme de son officier, David a malheureusement imposé aux yeux de tout Israël, la naissance d'un enfant adultérin qui allait entacher la lignée messianique de la divine parole. La royauté de Judas, ce rameau qui est sorti du tronc de Jessé, ne saurait trouver la paix dans le sang qu'il a fait couler au premier jour de sa naissance. Car si David a agi dans le secret de l'intrigue, Dieu a décidé de lui répondre à la face du soleil. Ne pouvant, désormais, fermer les yeux sur le comportement de son serviteur, le Seigneur tout puissant d'Israël envoya son prophète Natân pour faire part de son jugement au roi David.

    La prophétie

    Dieu envoya le prophète Natân vers David. Il entra chez lui et lui dit :

    Il y avait deux hommes dans une même ville,
    l'un était    riche et l'autre était pauvre !
    Le riche, lui, il avait petit et gros bétail en très grande abondance,
    mais le pauvre, lui, il n'avait rien du tout qu'une petite brebis. Une seule petite brebis qu'il avait acheté.
    Il la nourrissait, et elle grandissait avec lui et avec ses enfants.
    Elle mangeait son pain, buvant dans sa coupe,
    dormant dans son sein, elle était comme sa fille.


    Dans cette affaire, il faut comprendre que les « deux hommes dans une même ville »sont respectivement représentés par « Judas et Israël ! » Et que la ville dont il est question dans ce récit, ne peut-être que Jérusalem ! En effet, la Bible fait mention d'un partage de la terre entre les tribus d'Israël qui s'étaient installés au nord, et la tribu de Judas qui se trouvait au sud du pays. Entre les deux, le nord et le sud, et afin de départager les querelles tribales qui déchiraient ce peuple divisé, David instaura Jérusalem capitale des fils d'Israël, et la décréta cité royale de la ville sainte. Cette histoire est donc une subtile métaphore, qu'il faut savoir interpréter dans son contexte pour en tirer un bon enseignement. Mais en attendant, poursuivons le récit...


    Un jour, un hôte se présenta chez l'homme riche qui épargna de prendre sur son petit ou gros bétail
    de quoi servir au voyageur arrivé chez lui.
    Il vola la brebis de l'homme pauvre
    et l'apprêta pour son visiteur.
     

    Celui, entre Judas et Israël qui a volé la brebis de l'homme pauvre, est forcément celui qui n'a pas acheté son Messie à Dieu. Car la brebis dont il est question dans ce texte, celle qui grandissait avec les enfants de l'homme pauvre et qui était comme sa fille... c'est Jésus de Nazareth, fils d'Israël, un homme semblable à Moïse. Quand à l'étranger, ce « visiteur » impromptu qui arriva dans une ville jadis bien tranquille, c'est l'occupant Romain avec ses nombreuses légions qui à cette époque dominaient toute la région de Judée.
    En conclusion, l'homme riche sacrifia la brebis de l'homme pauvre, afin de servir un hôte de marque qui imposa sa domination dans un pays étranger à sa nation.

    Le jugement

    Lorsque le prophète termina son exposé, David entra en grande colère contre l'homme qui avait volé la brebis du pauvre et il dit à Natân :

    « Aussi vrai que Dieu est vivant, cet homme qui a fait cela est passible de mort ! Il remboursera la brebis au quadruple pour avoir commis cette action et n'avoir pas eu de pitié. »
     

    Révolté par l'injustice de cette affaire, David rendit une sentence de mort contre l'homme riche et demande le remboursement au quadruple du dommage causé pour n'avoir pas eu de pitié en sacrifiant la seule brebis que possédait l'homme pauvre.


    Alors Natân dit à David :

    « Cet homme, c'est toi ! Ainsi parle Yahvé, Dieu d'Israël : « Je t'ai choisi comme roi d'Israël, je t'ai sauvé de la main de Saül, je t'ai livré la maison de ton maître, j'ai mis dans tes bras les femmes de ton maître, je t'ai donné la maison d'Israël et de Judas et, si ce n'est pas assez, j'ajouterai pour toi n'importe quoi.
    Pourquoi as-tu méprisé Yahvé et fait ce qui lui déplaît ? Tu as frappé par l'épée Urie le Hittite, sa femme tu l'a prise pour ta femme, et lui, tu l'as fait périr par l'épée des Ammonites. Maintenant, l'épée ne se détournera plus jamais de ta maison parce que tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour qu'elle devienne ta femme. »
    Samuel 12-1
     

    En condamnant avec sévérité l'homme riche qui avait commis une faute, David ignorait qu'il se condamnait lui même. Mais il ignorait également, que Dieu maîtrisait parfaitement bien la notion de double langage. Qu'Il avait ainsi associé à la parole du prophète Natân, la royauté messianique de David à la destinée de la maison d'Israël, en glissant subtilement dans une histoire ordinaire, une autre histoire qui allait devenir extraordinaire.


    David dit à Natân : « J'ai péché contre Yahvé ! » Alors Natân dit à David : « De son coté, Dieu pardonne ta faute et tu ne mourras pas. Seulement, parce que tu as outragé Yahvé en cette affaire, l'enfant qui t'est né mourra. » Et Natân s'en alla chez lui.
     

    Il n'appartient pas à la postérité, de juger la faute d'un homme qui a déjà été jugé. Bien au contraire, car le but de cette étude, et de tirer un enseignement sur la façon dont le texte nous interpelle dans la révélation de ses multiples facettes. Imaginons la puissance de ce récit, évoquant à la limite d'une étrange confusion, une histoire de déjà vu mille ans avant d'avoir été vécu. En ce qui concerne David, la morale de cette histoire est implacable. En effet, il n'est pas tant préjudiciable aux yeux des hommes, de ne pas savoir gérer une convoitise capable de basculer dans un désir de possession, que de précipiter la mort d'un homme pour lui prendre sa femme. Car la notion de bien et de mal, qui est un discernement acquit par les valeurs morales de notre éducation, ne dépendent finalement que d'une simple appréciation de bon sens. La germination du mal, non maîtrisée par la force d'un esprit avisé, peut soudainement et à tout instant pencher du coté de la loi du plus fort. Le fondement capable de faire la distinction entre ces deux notions, repose donc exclusivement sur l'éducation qui prend en charge d'annihiler l'instinct inné de l'animal sauvage, mettant ainsi de l'ordre dans la raison d'un petit homme... qui grandira en remerciant les hommes d'en avoir fait un homme.

     
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