Alter et ego...
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Itinéraire d'une ouverture
à soi et vers autrui Aventure relationnelle vers la maturité...

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Alter et ego - Mois, émois et moi...

Dernière mise à jour:
mardi 13 mai 2008


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"Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin."

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"Être adulte, c'est être seul"

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Moi d'abord !



Lundi 12 mai


La reconquète de soi est quelque chose de difficile, mais fort utile pour qui veut vivre en conscience. Pour moi c'est un processus très long parce que j'étais loin de me sentir "à ma place". J'ai besoin d'agir dans l'épaisseur et cela me demande de revenir sur nombre d'éléments de mon éducation, d'interroger mes valeurs et autres piliers de mon existence. Parfois je les bouscule sérieusement, ce qui occasionne des hauts et des bas. Franchement je trouve ce travail laborieux et, à la longue, pénible. Sans cesse je me vois revenir sur des éléments qui sont chamboulés par une évolution sur un autre point. C'est sans fin.

Je sais ce que cela me demande comme courage de persévérer [oui, du courage, parfaitement !], et en même temps je dirais que je ne peux pas bien faire autrement.

Hier ma mère a semblé mettre en doute ma zénitude affichée et je dois bien reconnaître que si je me sens [parfois] serein... c'est surtout parce que je relativise par rapport à tout ce que je brasse depuis des années. Mais dans le fond il est certain que cette vie n'est pas particulièrement enviable. Je ne tiens pas à m'éterniser dans cette recherche, du moins pas avec une telle concentration. Personne, dans mon entourage, ne sait ce que je remue pour atteindre le simple état d'oser être moi. D'ailleurs, qui s'en soucie ? Ce genre de travail est éminemment personnel, difficilement partageable hormis avec ceux qui vivent quelque chose de similaire au même moment. Car je suppose qu'après on "oublie" par quoi on est passé...

Pour ma part, comme je l'écris souvent, c'est une démarche assez solitaire, et pourtant je sais que c'est par les autres que je me comprends. Mais par moments cet apport extérieur est "trop riche" [à moins que je ne sois particulièrement réceptif...], et me porte plus loin que je ne peux atteindre. C'est ce qui se passe actuellement. Même mon écriture semble devenir handicapante, alors qu'elle me libère aussi. Bref, c'est compliqué. J'ai l'impression que je n'arrive pas à suivre le rythme. Mais c'est aussi le signe que quelque chose est en mouvement ! Bon signe, donc !


J'aurais plein de choses à décrire et assembler, ce qui me permettrait de mieux comprendre le sens de ce qui se joue. Résoudre un peu plus loin l'énigme insoluble de l'existence. Mais par quoi commencer, comment lier les imbrications ? À quel genre de pensum indigeste aboutirai-je ? Je n'ai pas envie de passer trop de temps à ça. Je griffonne ça et là quelques idées sur des bouts de papier, tout se tient mais rien n'est relié. C'est un éparpillement.

Hier je pensais aux sentiments. « Les sentiments c'est de la merde », voila la phrase lapidaire qui m'est venue spontanément. En un peu plus élaboré j'en suis arrivé à cette idée : les sentiments sont les vestiges d'une immaturité dont on ne s'émancipe jamais vraiment. C'est une régression vouée à l'échec. Une tentative illusoire de sauvegarder du lien, bravant temporairement la destinée de tout attachement : son inéluctable fin. De la mère à la mort, la séparation est le destin ultime de toute existence. La seule chose certaine et définitive est cette fin.

Oui, je sais, ce sont des évidences. Mais peut-être que j'en prends davantage conscience. Il y a une lucidité qui me happe et me plonge dans une certaine mélancolie. « À quoi ça sert, tout ça, puisque ça finira tôt ou tard ? ». Pourquoi apprendre à mieux être en relation ? Quand je vois mon père, angoissé par la mort, j'ai comme l'impression que se joue en ce moment la fin de quelque chose. Pas seulement pour lui : en moi aussi quelque chose se termine. Mon père voit s'éteindre ses proches : soeur, neveu, récemment son ami d'enfance, et il sait que se sera son tour, ou celui de sa femme, dans peu d'années. Quel qu'en soit le nombre, c'est bientôt là.

Et moi je sens s'éteindre, ou du moins vaciller, une espérance. Quelque chose que je trouvais beau, lumineux, porteur de vie. Quelque chose auquel j'ai cru. Ou ai voulu croire...

Cette croyance s'en va. Ça m'attriste, ça me fait mal. Je crois que ça me touche plus profondément que je ne veux l'admettre, confirmant ce que je redoutais. Et en même temps, quelque chose ne meurt pas, résiste, persiste et transmet quelque chose. J'ai l'impression que cela se joue autour du renoncement. Je ne renonce pas vraiment... et pourtant quelle que soit ma persévérance en toute chose il me sera nécessaire un jour de renoncer.

Les mots hésitent : renoncement ou acceptation ? C'est ma grande question du moment. La nuance est fondamentale quand je songe aux choix déterminants que j'ai eu à faire. Qu'ai-je accepté ? À quoi ai-je renoncé ? Ou pas...

Pour quels objectifs suis-je encore capable de lutter ? En quoi crois-je ? En quoi ai-je subi ? En quoi ai-je été passif ? Comment vais-je finalement me sortir de tout ça ? Cela dépend des choix que je ferai...

Je me surprends à avoir des idées dures, cyniques. Je me vois froid, insensible. Je ne me reconnais pas. Vers quoi vais-je ? Ai-je à ce point été atteint par l'onde de choc ? Incontestablement !

Parfois je me sens renier les élans altruistes que je croyais être "la bonne direction". Je me dis que tout cela est un habillage de bons sentiments pour masquer l'égoïsme atavique de l'humain, donc le mien. Je suis déboussolé, je ne sais plus dans quelle direction aller. Peut-être que le "chacun pour soi" est la seule vraie règle de vie ? Prendre et jetter. Se servir à sa guise. Moi d'abord !

C'est une vraie interrogation.

Dans ce monde la place n'est pas au faibles. On les méprise, on leur marche dessus, on les utilise. Et tant pis pour eux ! À chacun de prendre la place qu'il aura conquise. Je le pense comme je le dis.

Avec ma capacité d'acceptation, fruit d'une éducation perpétuée par une volonté, je me soumets à qui impose son point de vue. Et c'est bien fait pour ma gueule ! Si je n'accepte pas... les choses iront autrement. Il dépend de moi d'influer sur mon existence : je suis acteur de ma vie. Si je me soumets je subis, je dépends des exigences et du bon vouloir d'autrui. Être libre, c'est choisir d'agir pour soi. C'est aussi affirmer ses points de vue, s'y tenir. Décider et peut-être imposer. Lutte entre l'autre et moi. Si je cède, je me perds.

Le monde est dur. La conciliance ne fonctionne qu'entre personnes de bonne volonté, elle n'a pas lieu d'être avec les attitudes intransigeantes. Je veux savoir m'adapter au comportement de qui est face à moi : m'ouvrir à l'ouverture et me fermer à la fermeture. C'est ce que je vérifie avec Artémis, après l'avoir expérimenté par tâtonnements avec Charlotte. Chacune de mes relations devenues "difficiles" m'apprend à me lier sans trop donner... et sans trop attendre.

Je n'aime pas cette façon d'être, mais je m'y résouds pour mon équilibre. Pour ne pas souffrir des attitudes de repli. Je vis mieux ainsi, en me protégeant.

Peut-être est-ce une phase temporaire, le temps de me construire cette assurance qui me fait tant défaut ? Peut-être ai-je une capacité au dialogue qui sera un atout pour plus tard, quand je ne me perdrai plus dans les problématiques de l'autre ? Peut-être suis-je porteur de forces que j'ignore...

Je crois que j'ai beaucoup à gagner à me respecter. M'estimer. Me faire confiance. Croire en moi. Mais pas forcément en cherchant à m'adapter...


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