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Vendredi 9 mai
Hier un plantage informatique m'a fait perdre presque intégralement un texte qui aurait probablement fait partie de mes essentiels.
Dommage... mais tant pis. Il reviendra autrement, modifié par cette première expression, transformé à la mesure de ce qu'il m'a permis de comprendre en l'écrivant. J'en ai gardé une partie, que j'ai stocké avec d'autres ébauches en attente.
Il faut dire que depuis quelques temps je suis en pleine phase de mutation. Je crois que ça date du moment où j'ai posé quelques réflexions sur l'acceptation et le renoncement. À la suite une amie m'a conduit à m'interroger sur la volonté de tout accepter de l'autre, de tout pardonner. N'étais-ce pas une négation de soi ? Au même moment ma collègue Artémis prenait une distance incompréhensible, entrant dans un silence dont je ne connais que trop les effets délétères. Il n'en fallait pas plus pour que les deux réflexions se conjuguent... et donnent rapidement des résultats
C'est un peu ce que j'ai tenté de décrire en me lançant dans une série de "à suivre". Malheureusement la période n'est pas propice à l'écriture développée, faute de temps disponible. Résultat : mes réflexions vont plus vite que ma capacité d'écriture. Je ne peux donc garder la trace détaillée de mon cheminement.
Mais est-ce vraiment utile ? Et si je me contentais des instantanés du moment, évitant de passer trop de temps dans ce monde cérébral dont je me méfie ? Ouais, ça sera mieux !
Alors voila :
Je me situe dans un processus de distanciation généralisée dans mes rapports à autrui. C'est temporaire, bien sûr, le temps que je remette un peu les choses au clair dans le domaine de l'affectif [nb : à ce propos je vous demande un peu d'indulgence pour le délai de réponse aux échanges épistolaires]. Bien ancré dans mon célibat je met cette situation à profit pour clarifier ma façon d'investir les liens forts. D'ailleurs l'expérience que je vis avec Artémis tombe à pic et me permet de voir comment j'évolue face au concret de la réalité. Ah tiens, en parlant d'Artémis, justement...
Figurez-vous qu'elle s'est de nouveau manifestée ! Lors de notre dernier échange amical je lui avais fait par de ma tristesse de la voir s'éloigner, lui précisant que je vivais mal les situations de remise à distance après avoir été proche. Apparemment ça n'avait rien changé puisque, après cet intermède, elle avait repris une attitude très distante. Il n'y avait plus aucune trace d'amitié entre nous. Peu à peu j'avais à la fois accepté cet état de fait et pris à mon tour une distance adéquate. D'où une absence totale d'échange pendant trois semaines, alors que nous nous cotoyons au quotidien. Sale ambiance de non-dit, pesante, désagréable. Finalement elle m'a laissé un message me demandant de lui accorder un moment, après le travail, ce que j'ai accepté d'autant plus facilement que j'avais la même demande. Jusque là elle s'était toujours débrouillée pour filer lorsque j'étais en discussion avec d'autres, ou occupé ailleurs, sans me laisser de chance de la rattraper, la garce...
Qu'avait-elle à me dire ?
D'abord qu'elle avait bien conscience que sont attitude n'avait pas été claire et qu'elle me devait des explications. Fort bien ! Ensuite qu'elle reconnaissait que pour moi ça n'était pas facile d'accepter ce brusque changement. Mais elle m'en a donné la raison : elle est entière, passionnée... et exclusive. Or elle est vit avec un autre homme qu'elle n'a pas envie de laisser tomber.
Ben voila, c'était tout simple !
En même temps elle confirmait ce qu'elle n'a jamais vraiment dit : elle est amoureuse de moi. Elle m'a dit qu'elle s'était accordé ce temps pour sentir comment ça évoluait, et apparemment... ben, ça ne retombe pas.
C'était touchant de la voir me dire les choses ainsi, et j'ai trouvé ça courageux de sa part. Elle m'a dit que cette période avait été difficile, parce qu'elle avait envie de venir vers moi tout en s'en empêchant. D'où son silence, son agressivité et ses remarques cassantes. Elle y a perdu sa joie de vivre, son entrain, et à même parlé d'état dépressif. En fait elle m'en voulait d'être là et de susciter en elle des sentiments qu'elle ne veut pas laisser se développer. Tiens tiens, singulière réaction...
J'ai été soulagé de savoir que ce n'était pas moi qui était en cause, mais ce que je représentais pour elle. Et du coup j'ai totalement compris sa démarche. J'ai été sensible à son honnêteté et à sa franchise, tandis qu'elle se reprochait d'avoir fui aussi longtemps.
Bon... le problème c'est que le seul fait de discuter ensemble a relancé ce qu'elle cherche à éviter. Elle a manifesté plusieurs fois l'intention de partir... mais elle est restée. Elle m'a même demandé à m'embrasser et, avant que je ne réponde, elle me faisait une bise sur la joue et me prenait dans ses bras...
Elle s'est étonnée du fait que j'accepte de continuer à échanger et je ne sois pas plus rancunier. Je lui ai expliqué que du moment que je me sentais entendu, que l'on me donnait des explications sincères, et qu'était reconnu ce qui pouvait m'être désagréable... je n'avais aucune raison d'en vouloir à quelqu'un. Mais j'ai quand même ajouté que je construisais la relation en fonction de tout ce qui s'y passe. Notamment en sachant qu'elle peut très bien recommencer ce genre de choses. Mais au moins j'aurais eu une explication cohérente. J'ai reprécisé aussi ma situation actuelle: célibataire et tenant à le rester pour le moment. J'ai besoin de me sentir libre. Ce qui ne m'avait pas empêché de lui proposer que nous habitions en colocation, avant qu'elle ne s'éloigne. Qui sait, d'ailleurs, si mes propositions n'étaient pas trop tentantes ?
Artémis n'est pas mon genre. Je ne suis pas amoureux d'elle... mais je suis quand même curieux d'aller un peu plus loin.
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